Hambourg va finalement participer financièrement à la reprise de la construction de l’Elbtower, un gratte-ciel inachevé qui était censé devenir un nouveau symbole de la ville, mais qui est devenu un symbole des difficultés financières et des ambitions démesurées. Le projet accueillera désormais le futur Musée d’histoire naturelle.
La tour, surnommée « le petit Olaf » en référence à l’ancien maire Olaf Scholz qui avait initialement soutenu le projet, s’élève à moitié construite sur les rives de l’Elbe. Lancée en 2018, elle devait atteindre 245 mètres de haut, conçue par l’architecte David Chipperfield et financée par l’entrepreneur autrichien René Benko et son groupe Signa. Mais la construction s’est arrêtée en 2023, lorsque Signa s’est retrouvé incapable de payer ses dettes et a finalement déclaré faillite.
Le Sénat de Hambourg avait initialement affirmé ne pas vouloir investir de fonds publics dans la reprise du chantier. Cependant, la perspective d’accueillir le nouveau Musée d’histoire naturelle dans la tour a changé la donne. « Dans l’analyse coûts-avantages, l’Elbtower occupe clairement la première place », a déclaré le sénateur des Finances Andreas Dressel. La ville, déjà tenue par un traité d’État de créer un musée regroupant les collections d’histoire naturelle, estime qu’il sera moins coûteux de terminer la tour et d’y installer le musée que d’en construire un nouveau.
Selon les estimations, la construction du musée dans l’Elbtower coûtera 595 millions d’euros, contre au moins 824 millions d’euros pour une construction séparée. Le sénateur Dressel a souligné l’importance d’une gestion prudente des fonds publics : « Nous sommes obligés d’être économes face à l’argent public et devons toujours choisir la solution la plus économique. »
Le maire Peter Tschentscher a expliqué que la décision de devenir copropriétaire de l’Elbtower ne signifie pas que la ville va régler les dettes impayées de l’ancien investisseur. « J’ai dit que nous ne réglerions aucune facture impayée », a-t-il précisé. Il a qualifié la situation de « gagnant-gagnant », soulignant qu’il serait irresponsable de laisser le projet en suspens par « rancune ».
Par ailleurs, l’entrepreneur René Benko, à l’origine du projet, est actuellement jugé pour fraude, abus de confiance et corruption. Les procureurs l’accusent d’avoir mis en place un système pyramidal pour tromper des investisseurs et créer un empire immobilier. « Il apparaît actuellement que les activités de Benko s’apparentent à un système pyramidal que d’autres escrocs ont déjà pratiqué », ont déclaré les rédacteurs du ZEIT dans un article récent.
La reprise de la construction de l’Elbtower est désormais en cours, et la ville espère que le musée d’histoire naturelle ouvrira ses portes dans les années à venir. L’histoire de cette tour inachevée reste une leçon sur les risques liés aux projets ambitieux et aux promesses non tenues.
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