Trente-quatre jours avant de purger sa peine fédérale, Elizabeth Holmes a ouvert sa maison de Del Mar, en Californie, aux cinéastes Nathan Fielder et Lance Oppenheim. Le film qui en résulte, You Can See Everything
, sort en salles le 15 octobre 2026 après une condamnation pour fraude.
Elizabeth Holmes accueille les cinéastes chez elle à Del Mar
En 2023, alors qu’elle faisait face à une condamnation à 11 ans de prison pour complot et fraude, la fondatrice de Theranos a fait le pari de laisser entrer les caméras. Accompagnée de son compagnon Billy Evans et de leurs deux jeunes enfants, l’ancienne star de la biotechnologie cherchait à corriger ce qu’elle estimait être des portraits médiatiques erronés, notamment la minisérie « The Dropout » récompensée par un Emmy.
Le choix du réalisateur s’est porté sur Nathan Fielder, connu pour ses comédies absurdes et son exploration des frontières entre fiction et réalité. D’abord simple observateur, Fielder s’est rapidement retrouvé happé au cœur du foyer, acceptant de s’installer sur place après une vingtaine de jours de tournage.
La première partie de ce long métrage de 174 minutes dévoile le quotidien de la famille dans un décor balnéaire de Del Mar.
La structure de cette production signée A24 propose une interdiction aux mineurs non accompagnés par la Motion Picture Association en raison d’un langage cru et de quelques scènes de nudité explicite. Pendant que la fondatrice de la start-up de tests sanguins tente d’imposer son point de vue, les réalisateurs observent les moindres faits et gestes du couple dans ce refuge de location situé à San Diego.

Nobody knows who she is.
Billy Evans, via The New York Times
Fielder et l’ancienne entrepreneure face à face
L’interaction entre Fielder et Holmes façonne toute la première moitié de l’œuvre. Davila.
La prison au Texas redéfinit le film
L’entrée de Holmes dans une prison fédérale au Texas, intervenue presque exactement une heure et demie après le début de la projection, redéfinit complètement la structure du film. Privés de tournage derrière les murs de la prison, les réalisateurs se tournent vers des reconstitutions et un dialogue direct avec la fiction. Ce dispositif évoque l’esprit de « F for Fake » d’Orson Welles.
Le projet se métamorphose alors en une réflexion sur la fabrication des mythes à l’ère numérique. Entre les faux profils sur les réseaux sociaux, les chatbots d’intelligence artificielle et les fictions télévisées, l’œuvre questionne la place de la représentation dans la perception publique. Le public assiste à un jeu de miroirs où les frontières entre la personne réelle et sa performance s’effacent durablement.