La Fondation Louis Vuitton à Paris rassemble pour la première fois près de 728 œuvres de la collection de Gustave Fayet. Cette exposition événement, ouverte le 9 octobre 2026 et visible jusqu’au 8 mars 2027, dévoile le parcours hors du commun de ce collectionneur visionnaire et artiste oublié de l’époque.
Paris expose le destin retrouvé de Gustave Fayet
La Fondation Louis Vuitton à Paris accueille une exposition événement qui lève le voile sur le destin de Gustave Fayet. Vigneron de Béziers, peintre et céramiste, cet homme est devenu un collectionneur d’une envergure exceptionnelle au tournant du XIXe au XXe siècle avant de sombrer dans l’oubli. L’exposition marque le volet français et inédit d’un cycle dédié aux grands collectionneurs d’art moderne, après Sergueï Chtchoukine, les frères Morozov et Samuel Courtauld.
L’événement réunit plus de 250 œuvres issues de sa collection dispersée à travers le monde.
Il présente aussi 374 créations personnelles de l’artiste. Le parcours bénéficie de la scénographie de Robert Carsen, offrant une lecture globale de ce parcours unique où la passion de l’art se liait à la création.
Gauguin et Van Gogh au cœur des choix du mécène
Gustave Fayet a eu environ 740 œuvres entre les mains entre 1900 et 1907. Il les a acquises à un rythme qualifié de frénétique auprès des plus grands marchands de la capitale tels qu’Ambroise Vollard ou Paul Durand-Ruel, s’imposant rapidement comme l’un des principaux collectionneurs de Gauguin, avec un ensemble important de ses œuvres.
Sa collection repose sur une triple obsession marquée par des achats massifs de Vincent van Gogh, Paul Gauguin et Odilon Redon.

Les visiteurs de l’exposition parisienne peuvent ainsi admirer l’Autoportrait à l’oreille bandée et à la pipe de Van Gogh. Cette toile est conservée en mains privées et n’avait pas été montrée en France depuis 1937.
L’exposition réunit également pour la première fois en France trois œuvres majeures de Gauguin.
Ces toiles sont Le Christ jaune, Portrait de l’artiste au Christ jaune et Le Christ vert ou Calvaire breton.
L’abbaye de Fontfroide entraîne la dispersion des chefs-d’œuvre
L’immense collection constituée rue de Bellechasse à Paris ne fut pourtant pas muséographiée par son propriétaire. En 1908, avec son épouse Madeleine, Gustave Fayet achète aux enchères l’abbaye cistercienne de Fontfroide, alors à l’état de ruines. Pour financer la restauration de ce lieu d’art total et son havre de paix languedocien, il se sépare d’une partie de ses pépites.
Il revend ainsi des tableaux à Ambroise Vollard ainsi qu’aux grands collectionneurs russes Sergueï Chtchoukine et Ivan Morozov.

Sept tableaux de Cézanne sont également cédés, illustrant sa formule selon laquelle on pouvait gagner de l’argent avec la peinture.
Les archives éclairent la saison Fayet à Paris
Les commissaires ont notamment eu accès aux archives de la famille et à près d’une centaine de carnets tenus quotidiennement par Fayet entre 1900 et sa mort en septembre 1925.
L’exposition « Gustave Fayet, collectionneur-créateur » reste ouverte au public à la Fondation Louis Vuitton jusqu’au 8 mars 2027.