Publié le 6 novembre 2025 à 20h37. La candidate à la présidence chilienne, Evelyn Matthei, a créé la polémique en publiant une chanson satirique virulente contre le gouvernement, ses opposants et certains acteurs politiques, suscitant des réactions contrastées au sein de la classe politique.
- Le ministre de l’Intérieur, Álvaro Elizalde, a jugé la chanson indigne de commentaire.
- José Antonio Kast, également visé par les critiques de Matthei, a dénoncé une initiative contre-productive.
- La chanson contient des attaques directes envers le gouvernement, le président Gabriel Boric, et d’autres figures politiques.
La sortie de cette chanson, qualifiée de « tiradera » (une forme de rap de contestation) par certains, a provoqué une onde de choc dans le paysage politique chilien. Le ministre de l’Intérieur, Álvaro Elizalde, n’a pas mâché ses mots, estimant que la démarche ne méritait pas d’attention particulière. Interrogé par CNN, il a déclaré :
« La vérité est que ça ne rime nulle part, ça n’a pas de rythme. Je pense que même un chat qui se bat avec un microphone sonne mieux. Je ne sais donc pas si cela vaut la peine de commenter. »
Álvaro Elizalde, Ministre de l’Intérieur
La chanson d’Evelyn Matthei, candidate de la coalition Chili Vamos, ne laisse personne indifférent. Elle vise nommément plusieurs personnalités, notamment Jeannette Jara, en lui reprochant d’être une continuité du gouvernement actuel. Un extrait des paroles révèle l’âpreté des critiques :
« Jeannette, de ce gouvernement tu es la continuité / les Chiliens à genoux / face au crime organisé / le pays brisé / mais même avec sa propre maison l’enfant insolent s’en va. »
Extrait de la chanson de campagne d’Evelyn Matthei
L’attaque ne s’arrête pas là. Matthei s’en prend également aux membres du gouvernement, les accusant de privilèges et de corruption :
« Les Chiliens n’ont pas les moyens / d’acheter du pain ou du maïs / pendant que vos amis, les ambassadeurs, mangent des homards à Paris / ils sont tous devenus millionnaires, quel était leur salaire ? / ils quittent le Chili dans le pire des cas / ce sont des politiciens, ce sont des mercenaires. »
Extrait de la chanson de campagne d’Evelyn Matthei
José Antonio Kast, autre figure de l’opposition également critiquée dans la chanson, a exprimé son désaccord avec cette stratégie de communication. Il a qualifié la chanson de « fome » (mauvaise) et a estimé qu’elle nuisait à la possibilité de vaincre le candidat de gauche au premier tour :
« D’abord, dites-lui que la chanson est mauvaise. Je pense qu’elle a fait une énorme erreur. Je veux dire, je suis désolé qu’elle soit tombée dans ça. Je pense qu’elle se fait encore plus de mal et compromet la possibilité réelle de vaincre le candidat de la gauche, du Parti communiste, de la continuité. »
José Antonio Kast
Cette polémique intervient alors que la campagne présidentielle chilienne bat son plein, et que les candidats cherchent à se démarquer par tous les moyens. La stratégie d’Evelyn Matthei, bien que controversée, a au moins le mérite d’attirer l’attention sur sa candidature.
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