Bruxelles – L’Union européenne et les États-Unis ont renforcé ce jeudi 23 octobre leur arsenal de sanctions contre la Russie, visant notamment le secteur énergétique, dans une démarche saluée par Emmanuel Macron comme une « resynchronisation des agendas » sur la question ukrainienne.
Les nouvelles sanctions américaines, qui prennent pour cible les géants pétroliers Rosneft et Loukoïl, vont « dans la bonne direction », a déclaré le président français lors d’une conférence de presse à l’issue d’un Conseil européen à Bruxelles. « C’est un véritable tournant qui, combiné aux sanctions que nous venons de prendre, à la pression qui a été mise aussi sur plusieurs autres acteurs, va porter ses effets », a-t-il ajouté.
L’Union européenne a également adopté un nouveau paquet de sanctions, le 19e en date, qui prévoit notamment l’arrêt total des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe d’ici à fin 2026. Ces mesures visent également à contrer les tentatives de Moscou de contourner les sanctions existantes en ciblant la « flotte fantôme » de pétroliers utilisés pour le transport de pétrole.
Rosneft, dont l’État russe est l’actionnaire majoritaire, produit environ 40 % du pétrole russe, tandis que Loukoïl, une entreprise privée, revendique environ 15 % de la production nationale d’or noir. Les deux groupes sont des piliers de l’économie russe et contribuent significativement au financement de l’effort de guerre en Ukraine.
Ces entreprises ont déjà subi des attaques de drones ukrainiens ces derniers mois, entraînant des baisses de production et une hausse des prix de l’essence en Russie. Les sanctions américaines consistent en un gel de tous les actifs de Rosneft et de Loukoïl sur le territoire américain, ainsi qu’une interdiction pour les entreprises américaines de commercer avec ces sociétés.
Les sociétés travaillant avec ces deux compagnies pourraient être affectées par ricochet, notamment en étant privées d’accès aux banques américaines, aux négociants, aux expéditeurs et aux assureurs qui constituent l’épine dorsale du marché des matières premières.
Le président russe Vladimir Poutine a qualifié les sanctions américaines de « sérieuses », mais a estimé qu’elles n’auraient pas d’« impact significatif » sur l’économie de son pays, les qualifiant de « tentative de pression ». « Mais aucun pays ou peuple qui se respecte ne prend jamais de décision de cette manière », a-t-il affirmé, assurant que le secteur pétrolier russe était « confiant et déterminé ».
Selon Emmanuel Macron, ces sanctions combinées contribuent à affaiblir le financement de l’effort de guerre russe, alors que l’économie russe commence à ressentir les effets du conflit « bien davantage » pour la première fois.
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