Des passagers d’un train Ouigo ont dû terminer leur trajet à pied sous 35 degrés le samedi 20 juin 2026, près de Toulouse, suite à une panne électrique. Cet incident s’inscrit dans un chaos ferroviaire plus large marqué par la suppression de 71 trains Intercités et des pannes de climatisation généralisées.
L’évacuation des passagers Ouigo à Toulouse
Le samedi 20 juin, un train Ouigo reliant Paris-Montparnasse à Toulouse-Matabiau s’est immobilisé en pleine voie, à environ un kilomètre de son terminus. Selon Le Figaro, une défaillance du système d’alimentation électrique serait à l’origine de l’incident.
Le thermomètre affichait près de 35 degrés alors que la climatisation est devenue inopérante. Les voyageurs ont attendu plus d’une heure avant d’être autorisés à évacuer le convoi. Valises et sacs à la main, ils ont parcouru le dernier kilomètre sous un soleil de plomb.
Pour prévenir les malaises, les pompiers et des bénévoles de la Protection civile ont été mobilisés pour distribuer de l’eau aux passagers. L’incident a paralysé le trafic à la gare de Toulouse-Matabiau dès 14h15, la circulation n’ayant repris que deux heures plus tard.
L’obsolescence du matériel Corail sur les lignes Intercités
L’incident de Toulouse n’est pas un cas isolé, mais le symptôme d’un réseau fragilisé par les chaleurs extrêmes. La SNCF a annoncé la suppression préventive de 71 trains Intercités entre le jeudi 18 et le lundi 22 juin. Cette mesure cible principalement les rames composées de voitures Corail, dont les systèmes de climatisation ne sont plus adaptés aux températures actuelles.

Le président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut), Michel Quidort, a dressé un constat sévère sur franceinfo.
Michel Quidort, président de la Fnaut
Le matériel Corail utilisé sur ces lignes date du milieu des années 70. Pour la Fnaut, il s’agit d’un matériel dépassé avec des locomotives qui ont des problèmes de fiabilité
. L’organisation dénonce une situation incontrôlable
où la climatisation ne tient plus le coup face aux canicules.
L’espoir d’un renouvellement rapide s’amenuise. Douze rames commandées pour les axes Paris-Limoges-Toulouse et Paris-Clermont, initialement prévues pour 2026, accuseront finalement près d’un an de retard de livraison.
Le chaos du dimanche sur l’axe Paris-Nantes
Le dimanche 21 juin, la désorganisation s’est étendue aux TGV. À la gare d’Angers Saint-Laud, des dizaines de voyageurs ont subi une attente suffocante après que leur train en provenance de Paris a été contraint de terminer son trajet à Angers plutôt qu’à Nantes.
Comme le rapporte Ouest-France, ce terminus forcé résulte d’une succession d’incidents. Le voyage a débuté par une évacuation de la gare Montparnasse causée par la présence de sacs suspects, avant que des pannes d’aiguillage ne perturbent les lignes vers Nantes, Lille et Le Croisic.
Si certains incidents sont liés à la chaleur, d’autres relèvent de la sécurité et de la maintenance, créant un effet domino sur l’ensemble du réseau durant ce week-end de canicule.
Une infrastructure sous tension
La situation actuelle révèle une fracture technique au sein du parc ferroviaire français. D’un côté, les TGV et Ouigo subissent des pannes ponctuelles (électriques ou liées à la sécurité) qui, combinées à la chaleur, rendent les trajets insupportables. De l’autre, les lignes Intercités font face à une obsolescence structurelle.
L’incapacité des voitures Corail à maintenir une température acceptable transforme des trajets régionaux en épreuves physiques. Le retard de livraison des nouvelles rames prévues pour 2026 laisse les usagers des lignes vers Limoges, Toulouse et Clermont-Ferrand sans alternative viable pour les prochaines saisons estivales.
Le risque de malaises et l’interruption répétée du trafic local, comme observé à Toulouse, soulignent l’urgence d’une mise à jour du matériel roulant pour répondre aux nouvelles réalités climatiques.
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