Publié le 26 novembre 2025 à 15h13. L’appel du médecin généraliste d’une petite commune norvégienne, reconnu coupable de multiples viols et abus sexuels, a débuté ce mercredi devant la Cour d’appel de Frostating, avec une possible réduction de peine en raison d’une modification récente du code pénal.
- Arne Bye, ancien surintendant municipal et médecin de Frosta, a été condamné à 21 ans de prison pour 70 viols et 82 abus de position.
- La défense plaide pour une peine plus clémente, arguant que la modification du code pénal limite désormais la peine maximale à 16 ans.
- L’affaire suscite une vive émotion dans la communauté de Frosta, où les habitants espèrent une résolution pour tourner la page.
L’appel contre Arne Bye a débuté ce mercredi à environ 72 kilomètres de Frosta, devant la Cour d’appel de Frostating. L’ancien médecin généraliste a été reconnu coupable par le tribunal de district de Trøndelag, le 6 juin dernier, de multiples agressions sexuelles commises sur des patientes. La sentence initiale de 21 ans de prison est contestée par la défense.
L’avocat de la défense, Eirik Svingen Bjørgo, a souligné que la peine maximale encourue a été réduite à 16 ans en raison d’une modification du code pénal entrée en vigueur le 1er juillet 2025. Eirik Svingen Bjørgo a expliqué cette situation devant la cour.
« Bye a été condamné à 21 ans de prison, mais le code pénal a été modifié avec effet au 1er juillet 2025. »
Eirik Svingen Bjørgo, avocat de la défense
De son côté, le procureur Rikhard Haugen Lyng a demandé le maintien d’une peine de 16 ans, estimant qu’il n’y a pas de base pour une réduction supplémentaire. Rikhard Haugen Lyng a exposé les arguments de l’accusation devant le tribunal.
« La demande de l’accusation est une peine d’emprisonnement de 16 ans, car nous ne pouvons pas dire qu’il existe une base pour une déduction de ce niveau maximum. »
Rikhard Haugen Lyng, procureur
L’affaire a un impact profond sur la petite communauté de Frosta. Torbjørn Fredagsvik, rencontré devant un magasin local, a exprimé le sentiment général :
« Je pense que les gens sont très prêts à terminer l’affaire. Cela pèse sur beaucoup depuis longtemps. Je pense que le fait qu’un point soit désormais atteint n’est que bon pour les gens. »
Torbjørn Fredagsvik, habitant de Frosta
Certains habitants se sentent même gênés d’être associés à la commune, espérant que la résolution de l’affaire permettra de lever le stigmate. Kirsten Ulriksen Skogseth, responsable de l’association d’assainissement de Frosta, a souligné l’importance de la solidarité :
« On voit une sorte de point final dans cette partie de l’affaire, je pense que je me soucie beaucoup de ceux qui sont directement impliqués et aussi du village. »
Kirsten Ulriksen Skogseth, responsable de l’association d’assainissement de Frosta
Parallèlement à l’appel, la municipalité de Frosta a entrepris la rénovation complète du cabinet médical, un geste symbolique pour tourner la page. Le chantier est en cours.
Tove Røddesnes, qui coordonne l’aide juridique aux femmes offensées, a rappelé la fragilité des victimes, toujours marquées par les traumatismes. Tove Røddesnes et Ingunn Kjelstad travaillent à leur accompagnement.
L’audience d’appel devrait durer trois jours. Arne Bye, qui a comparu calme et concentré, devrait s’exprimer personnellement devant le tribunal jeudi.