Home NouvellesEt depuis la tombe, le notaire fait la risée du ministère de l’Intérieur et du parquet

Et depuis la tombe, le notaire fait la risée du ministère de l’Intérieur et du parquet

by Nicolas Lefèvre

Publié le 2 février 2024 à 10h30. L’enquête sur l’assassinat du notaire Martin Bojanov, abattu fin janvier près de Sofia, piétine. Malgré les soupçons de liens étroits entre le notaire et des magistrats, et les investigations pour fraude immobilière et blanchiment d’argent, aucune piste décisive n’a émergé.

  • Deux ans après sa mort, le meurtre du notaire Martin Bojanov reste non élucidé, sur les 56 homicides intentionnels recensés en Bulgarie en 2024.
  • L’enquête sur les réseaux du notaire et les possibles implications de magistrats semble au point mort, tout comme l’instruction pour fraude immobilière et blanchiment d’argent dans laquelle il était suspecté.
  • Un avocat spécialisé dans la lutte contre la corruption établit un parallèle avec des affaires similaires en Roumanie, soulignant la difficulté de réformer un système judiciaire gangrené par l’impunité.

L’assassinat de Martin Bojanov, survenu le 31 janvier 2024 dans le complexe résidentiel “Gloria Palace” près de Sofia, continue de susciter l’interrogation. Alors que la police nationale bulgare a enregistré 56 homicides intentionnels au cours de l’année 2024, l’affaire Bojanov demeure la seule non résolue à ce jour. Selon les informations disponibles, le parquet de la ville a prolongé la durée de l’enquête, signe que l’affaire n’est pas classée, du moins formellement.

Les investigations, qui ont débuté dès le printemps 2023, portaient initialement sur des soupçons de fraude immobilière et de blanchiment d’argent, sur la base d’un rapport du GDBOP (Direction générale de lutte contre le crime organisé). Le procureur adjoint de la ville, Ivo Iliev, avait même annoncé que Bojanov était sur le point d’être inculpé. Son assassinat a mis fin à cette perspective.

Parallèlement à l’enquête sur le meurtre, les autorités s’intéressaient aux réseaux du notaire et à ses liens potentiels avec des membres du système judiciaire. Il avait été placé sous surveillance par les services de renseignement trois mois avant sa mort, avec écoutes téléphoniques et filature. Cependant, au moment du meurtre, il n’était pas activement surveillé, une pratique courante selon les sources.

L’avocat Andrei Yankulov, du Fonds anti-corruption, tire la sonnette d’alarme. Il établit un parallèle avec les révélations du film roumain “Conquered Justice” de la plateforme Recorder, qui a provoqué un vif émoi en Roumanie. Il souligne que, en Bulgarie, il suffit souvent d’arrêter des procureurs pour garantir l’impunité, en raison de la culture de soumission et du monopole du parquet sur les enquêtes pénales.

« En Bulgarie, pour garantir l’impunité, il est à la fois tout à fait possible et tout à fait suffisant d’arrêter uniquement les procureurs. Parce qu’elle est unifiée, culturellement préparée à construire invariablement sous la bannière du leadership, quoi qu’elle fasse, et que le législateur lui a assuré un monopole complet sur l’enquête et les poursuites pénales. »

Andrei Yankulov, avocat du Fonds anti-corruption

Yankulov observe que, contrairement à la Roumanie, les critiques au sein du système judiciaire bulgare sont souvent marginalisées et que les abus sont ignorés ou minimisés. Il cite un ancien membre du Conseil judiciaire suprême roumain qui affirmait : « Si les gens se réveillent et parlent de cela, ils ne peuvent pas nous faire taire tous. Ils peuvent faire taire un, ils peuvent en faire taire quelques-uns, mais pas tous. »

Selon Yankulov, le véritable test pour les responsables politiques et les futurs candidats aux postes judiciaires sera leur capacité à proposer une solution au problème de la collusion entre les magistrats et les réseaux criminels, tels que ceux impliquant Petyo Petrov – Euroto et Martin Bojanov. Il dénonce une « justice mafieuse » qui se cache derrière l’immunité fonctionnelle et l’absence de volonté politique de réformer le système.

Un article de Sega.bg souligne que le notaire, en tant qu’officier public chargé de certifier la vérité, était devenu un simple exécutant au service d’un pays dominé par la mafia.

Un autre article de Sega.bg rappelle que l’assassinat de Martin Bojanov a ravivé le débat sur la corruption et l’inefficacité des institutions chargées de la combattre.

Si vous souhaitez soutenir un journalisme indépendant et de qualité dans “Sega”,
vous pouvez faire un don via PayPal.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.