Home Des sportsÉtat de l’arène de hockey olympique : dimensions « étranges », amélioration de la glace et chaos de la construction

État de l’arène de hockey olympique : dimensions « étranges », amélioration de la glace et chaos de la construction

by Camille Renault

Publié le 12 janvier 2026 à 14h04. À quelques semaines des Jeux olympiques de Milan-Cortina, la nouvelle arène Santagiulia, destinée à accueillir les épreuves de hockey sur glace, suscite de vives inquiétudes quant à son achèvement, malgré les efforts intensifs des organisateurs.

  • Les retards de construction persistent, avec des installations incomplètes à moins d’un mois du début des Jeux.
  • La qualité de la glace et la taille de la patinoire suscitent des interrogations de la part des joueurs et des officiels.
  • Les organisateurs affirment progresser, mais reconnaissent que des travaux importants restent à accomplir.

La Santagiulia Arena, futur temple du hockey sur glace des Jeux olympiques de Milan-Cortina, est loin d’être prête. Un visiteur canadien, envoyé sur place pour évaluer l’état d’avancement des travaux, a mis en lumière des lacunes importantes lors d’un match test organisé le week-end dernier. Un trou béant dans la glace a même retardé le début de la rencontre de plus de cinq minutes, nécessitant l’intervention d’un responsable arrosant la zone avec un arrosoir.

L’incident, qualifié de « trou géant » par le visiteur sur les réseaux sociaux, a suscité l’ire des organisateurs. Pourtant, l’observation était confirmée par l’état visible de la patinoire avant même le début du match de Coupe d’Italie entre deux équipes de deuxième division.

Le constat est sans appel : le chantier est encore en pleine effervescence. L’arène et la patinoire d’entraînement adjacente sont bien moins avancées que prévu à l’approche des Jeux, malgré les avertissements répétés de responsables de la Ligue nationale de hockey (LNH) ces derniers mois. Andrea Varnier, PDG du comité d’organisation de Milan Cortina, a reconnu que le site n’aurait pas été en mesure d’accueillir les Jeux olympiques vendredi dernier, même avec les progrès récents.

Les organisateurs se targuent d’avoir réalisé des avancées significatives au cours du week-end, notamment une amélioration de la qualité de la glace après sept matchs disputés en 51 heures. Cependant, ces progrès ne suffisent pas à masquer les lacunes persistantes.

Une visite de terrain dimanche, en présence de personnalités influentes du monde du hockey, dont Pierre Ducrey, directeur sportif du Comité international olympique (CIO), et Rob Zepp, directeur principal de la stratégie internationale et de la croissance de la LNH, a révélé l’ampleur des travaux restants. Ces responsables, casques de sécurité et gilets réfléchissants obligatoires, ont pu constater par eux-mêmes l’état du chantier.

Parmi les tâches les plus urgentes figurent la remise en état de la patinoire d’entraînement et l’achèvement des 14 vestiaires permanents. Vendredi, seuls trois vestiaires étaient opérationnels. L’équipe de Hockey Canada, première nation masculine qualifiée pour le tournoi, a dû se contenter d’un vestiaire en cours de construction pour préparer sa participation.

L’état des installations a également été critiqué par les joueurs. Ryan Valentini, attaquant d’Asiago, a déploré la taille du tableau d’affichage, trop petit pour permettre aux joueurs de consulter le temps restant de jeu. Il a également souligné l’exiguïté des vestiaires, bien loin des standards de la LNH.

« Ce Jumbotron est bien trop haut, bien trop haut ! J’étais sur la glace en train d’essayer de regarder l’heure de la dernière minute, et je ne pouvais pas la voir. »

Ryan Valentini, attaquant d’Asiago

La taille de la patinoire, plus petite que les standards internationaux (30 mètres de largeur contre 26 mètres ici, et 25,9 mètres en LNH), a également suscité des interrogations. Luc Tardif, président de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF), a minimisé ce problème, mais certains joueurs estiment qu’il pourrait affecter le jeu.

L’homme clé de cette opération est Don Moffatt, un expert en fabrication de glace de 67 ans, chargé de préparer la glace pour ses cinquièmes Jeux olympiques. Christophe Dubi, directeur exécutif du CIO pour les Jeux olympiques, a salué son expertise.

« Il est tellement bon et il a visité tellement de sites. Ce qu’ils nous disent, de première classe. »

Christophe Dubi, directeur exécutif du CIO pour les Jeux olympiques

Les organisateurs s’inspirent de l’expérience des Jeux olympiques de Turin en 2006, où des retards de construction similaires avaient nécessité un effort de dernière minute pour achever les installations. Jukka-Pekka Vuorinen, directeur du hockey sur glace pour ces Jeux, se souvient que la situation était alors « vraiment proche d’un désastre ».

Malgré les difficultés, les organisateurs restent optimistes et affirment que tout est mis en œuvre pour que la Santagiulia Arena soit prête à temps pour les Jeux olympiques.

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