Le 12 juin 2026, les forces américaines ont intercepté des missiles balistiques et des drones iraniens près du détroit d’Ormuz, tout en frappant des sites radar côtiers en réponse. Ces affrontements surviennent alors que le Pakistan tente de finaliser un accord de paix intérimaire entre Washington et Téhéran pour mettre fin à leur conflit.
La tension est montée d’un cran vendredi dernier. Selon l’Associated Press, l’Iran a lancé sept missiles balistiques vers le Koweït et Bahreïn, dont six ont été interceptés par les États-Unis, le septième n’ayant pas atteint sa cible. Plus tôt dans la journée, l’armée américaine avait déjà abattu quatre drones iraniens se dirigeant vers le détroit d’Ormuz.
Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a justifié ses frappes contre les radars côtiers iraniens, incluant une île dans le détroit, comme une mesure nécessaire « pour se défendre contre de nouvelles attaques ». De son côté, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a affirmé avoir ciblé la base aérienne d’Ali Al Salem au Koweït et la 5e flotte de la marine américaine à Bahreïn.
L’instabilité persiste malgré un cessez-le-feu fragile. Récemment, des drones iraniens ont lourdement endommagé un terminal passagers à l’aéroport principal du Koweït, causant un mort et des dizaines de blessés. En réaction, Washington maintient un blocus sur les ports iraniens pour contrer l’étranglement du corridor maritime, un point critique pour les prix mondiaux de l’énergie.
Les termes d’un accord « basé sur la performance »
Parallèlement aux frappes, des négociations se poursuivent pour un protocole d’accord (MoU). D’après ABC News, un haut responsable de l’administration américaine décrit un dispositif où aucun fonds ne serait libéré pour l’Iran avant que Téhéran ne remplisse ses obligations.

Les conditions exigées par Washington sont strictes :
- Destruction et retrait du matériel nucléaire iranien.
- Démantèlement complet du programme nucléaire.
- Réouverture totale du détroit d’Ormuz.
- Cessation du financement des groupes terroristes par l’Iran.
Le vice-président JD Vance a souligné l’importance stratégique de ce cadre :
« L’accord est structuré pour garantir que les préoccupations des États-Unis et de leurs alliés soient prioritaires, et que si la République islamique d’Iran remplit ses obligations, alors des bénéfices économiques leur reviendront, ainsi qu’à l’ensemble de la région. Cet accord a le potentiel de remodeler la région et de mener à une paix durable.
Téhéran n’a pas encore accepté publiquement ces conditions, créant un fossé entre les attentes américaines et la réalité diplomatique sur le terrain.
Contradictions sur le calendrier de signature à Islamabad
Le rôle du Pakistan comme médiateur a suscité un optimisme rapide, mais les déclarations officielles divergent sur la date de signature du mémorandum d’Islamabad. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a affirmé sur X qu’un accord de paix devrait « être finalisé dans les 24 heures », préparant même une signature électronique immédiate.

Cependant, France 24 rapporte une version différente. Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a précisé que la signature n’aurait pas lieu ce dimanche. S’il n’exclut pas une signature dans les jours à venir, Baghaei a appelé à la prudence en raison de l’hésitation de la partie adverse.
Cette dissonance temporelle reflète la fragilité des discussions. Tandis que le Pakistan pousse pour une conclusion rapide, l’Iran semble maintenir une posture de méfiance, et Donald Trump a lui-même évoqué la difficulté pour Téhéran de céder, citant leur « grande indépendance » et leur fierté.
Enjeux énergétiques et pressions régionales
L’aspect économique du conflit reste le moteur principal des décisions de Washington. Le secrétaire d’État Marco Rubio, en visite en Inde, a insisté sur le fait que le détroit d’Ormuz doit être ouvert « d’une manière ou d’une autre ». Selon Al Jazeera, les États-Unis accusent l’Iran de poser des mines dans cette zone où transite un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux.
L’impact sur les marchés est direct. Donald Trump a lié la résolution du conflit à la baisse des prix des engrais pour les agriculteurs américains, affirmant que « la situation avec l’Iran semble très bien se passer » malgré les échanges de tirs.
Un basculement tactique est également observé au sein des alliés régionaux. Des sources indiquent que les Émirats arabes unis ont accepté de débloquer des milliards de dollars pour l’Iran, un pivot survenu après plusieurs semaines d’attaques iraniennes.
Un climat d’instabilité persistante
Le contexte intérieur iranien ajoute une dimension émotionnelle et politique volatile. L’Iran s’apprête à organiser les funérailles de son ancien guide suprême, Ali Khamenei, tué le 28 février par des frappes aériennes américaines et israéliennes. L’inhumation est prévue pour le 9 juillet à Mashhad, après plusieurs jours de cérémonies à Téhéran et Qom.
L’incertitude domine les prochaines 72 heures. Si le mémorandum d’Islamabad est signé, il pourrait stabiliser les marchés énergétiques. Mais si les frappes de « self-defence » du CENTCOM et les représailles de l’IRGC s’intensifient, le risque d’un effondrement total du cessez-le-faire du 8 avril devient imminent.
Pour l’instant, Washington joue sur deux tableaux : la diplomatie de la performance et la pression militaire maximale. Comme l’a résumé Donald Trump, l’issue sera soit « un Grand Accord pour tous, soit pas d’accord du tout ».
Find more reporting in our Monde section.
