Publié le 16 janvier 2024 14:44:00. Une chercheuse à l’Université d’Umeå, en Suède, explore les mécanismes subtils qui permettent aux bactéries pathogènes, comme la salmonelle, de manipuler le fonctionnement interne des cellules humaines pour favoriser l’infection.
- L’étude porte sur l’épitranscriptome, un système de régulation génique encore mal connu, mais plus rapide que l’activation ou la désactivation des gènes.
- La chercheuse examine comment la salmonelle, en produisant des génotoxines, peut modifier l’épitranscriptome de l’ARN messager pour remodeler l’expression génique des cellules infectées.
- Son parcours académique, initialement axé sur la biologie moléculaire et les modifications de l’ARN, l’a menée à Umeå pour approfondir ses recherches dans un contexte nouveau et stimulant.
L’épitranscriptome représente une nouvelle frontière dans la compréhension de la régulation génique. Pour illustrer, imaginez une cellule comme une usine complexe où l’ARN messager (ARNm) agit comme des fiches d’instructions, dictant la production des protéines. L’épitranscriptome, lui, correspond à l’ensemble des modifications chimiques apportées à ces fiches, permettant à la cellule d’ajuster précisément le moment, le lieu et la quantité de protéines produites. Ce système de régulation est particulièrement rapide et efficace.
Les recherches menées à l’Université d’Umeå se concentrent sur le rôle de l’épitranscriptome dans les infections bactériennes. Plus précisément, la chercheuse étudie le marqueur m6A de l’épitranscriptome et sa régulation dans les cellules hôtes infectées par la salmonelle. L’objectif est de déterminer si les bactéries productrices de génotoxines, comme certaines souches de salmonelle responsables de la fièvre typhoïde, peuvent manipuler l’épitranscriptome de l’ARNm pour modifier l’expression génique de la cellule infectée et ainsi favoriser leur propre développement.
« L’objectif est d’améliorer notre compréhension de la manière dont les bactéries productrices de génotoxines provoquent des maladies. Le projet est très passionnant, notamment parce que j’en sais déjà beaucoup sur les modifications de l’ARN, mais que je suis complètement nouveau dans la partie microbiologique de la recherche. »
La chercheuse
Son parcours académique témoigne d’une solide formation en biologie moléculaire. Elle a obtenu un diplôme technique en analyses biochimiques et biologiques, suivi d’une licence et d’un master en biologie moléculaire, avec une spécialisation en biologie de l’ARN. C’est durant ses études supérieures qu’elle a commencé à s’intéresser aux modifications de l’ARN, notamment en étudiant le rôle des petits ARN nucléolaires dans la différenciation musculaire.
Son arrivée dans le nord de la Suède et à l’Université d’Umeå est le fruit d’une volonté de poursuivre ses recherches dans un environnement stimulant et international. Attirée par l’offre de recherche « Excellence of Choice », elle a été séduite par la pertinence du projet, qui correspondait parfaitement à ses domaines d’expertise et à son intérêt pour les bactéries pathogènes. Des expériences positives partagées par d’anciens camarades de classe ayant effectué des stages à Umeå, ainsi que l’attrait pour la nature scandinave, ont également joué un rôle dans sa décision.
La vie de chercheur n’est pas sans défis. Elle souligne la difficulté d’accepter l’échec des expériences, même lorsque toutes les précautions ont été prises. Cependant, elle apprécie l’esprit de collaboration et de soutien qui règne au sein de la communauté scientifique, où les chercheurs partagent leurs expériences et leurs connaissances. Elle considère que la satisfaction la plus grande réside dans la contribution à l’avancement des connaissances, fruit d’un effort collectif.
« Le plus dur est sans doute d’accepter que les expériences échouent parfois, même quand on a tout fait correctement. Mais vous ne pouvez pas abandonner, mais vous devez essayer de trouver une solution et avancer. »
La chercheuse
Umeå offre un cadre de vie très différent de celui de Paris. La chercheuse apprécie particulièrement le calme et la proximité de la nature, qui permettent de se ressourcer et de se recentrer. Elle décrit l’Université d’Umeå comme une institution bien organisée et agréable à fréquenter.
Son intérêt pour les sciences de la vie remonte à l’enfance, nourri par une fascination pour les mécanismes fondamentaux qui régissent le vivant. Elle considère que l’étude des mécanismes moléculaires est essentielle pour comprendre le fonctionnement des cellules et l’évolution de la vie.
À l’horizon de cinq ans, elle envisage de poursuivre sa carrière dans le milieu universitaire, avec l’ambition de revenir en France en tant que chercheuse permanente.
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