La famille d’Eva Marie Saint a annoncé que la comédienne américaine, honorée aux Oscars pour son travail dans On the Waterfront et célèbre pour son rôle marquant chez Alfred Hitchcock, est décédée de causes naturelles le 6 octobre 2026 à son domicile de Los Angeles à l’âge de 102 ans.
Jusqu’à ses derniers jours, l’actrice détenait le titre de plus ancienne personne lauréate d’un Oscar encore en vie. Sa carrière s’est étalée sur plus de sept décennies à la télévision, au théâtre et au cinéma, lui valant l’admiration du public et de la critique à travers plusieurs générations d’œuvres majeures.
Les débuts fulgurants et la consécration avec On the Waterfront
Née le 4 juillet 1924 au sein d’une famille quaker à Newark dans le New Jersey, la comédienne a passé sa jeunesse dans l’État de New York avant de suivre un cursus en art dramatique à la Bowling Green State University, en Ohio, où elle a obtenu son diplôme en 1946. Après des débuts remarqués à la radio et dans les drames télévisés en direct à New York, le réalisateur Elia Kazan l’a repérée sur les planches de Broadway dans la pièce de Horton Foote The Trip to Bountiful.
En 1954, le réalisateur l’a enrôlée pour prêter ses traits à Edie Doyle, la jeune femme éprise d’un docker tourmenté incarné par Marlon Brando, dans le drame social On the Waterfront en 1954. Cette performance naturelle et poignante lui a valu l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle en mars 1955. Elle était alors montée sur la scène de la cérémonie enceinte de son premier enfant, lançant une boutade mémorable à l’assistance.
L’espionne hitchcockienne et les grands rôles des décennies suivantes
Plutôt que de s’enfermer dans un contrat de studio exclusif après son triomphe initial, l’actrice a enchaîné les projets exigeants. En 1959, Alfred Hitchcock l’a choisie pour camper Eve Kendall, la séduisante et énigmatique agente double qui accompagne Cary Grant dans le thriller North by Northwest. Elle confiera ultérieurement que le metteur en scène s’était contenté de lui recommander de modérer le volume de sa voix, de garder ses mains immobiles et de fixer son partenaire droit dans les yeux.
Son parcours cinématographique dense l’a amenée à tourner sous la direction des plus grands cinéastes de l’époque. Elle a partagé l’affiche avec Paul Newman dans Exodus en 1960, a joué aux côtés d’Elizabeth Taylor et Montgomery Clift dans Raintree County en 1957, et a donné la réplique à Gregory Peck dans The Stalking Moon en 1968. Afin de privilégier sa vie de famille auprès de son mari, le réalisateur Jeffrey Hayden — qu’elle avait épousé le 28 octobre 1951 et avec qui elle est restée unie durant 65 ans jusqu’à la disparition de celui-ci en décembre 2016 —, elle a cependant choisi de freiner volontairement le rythme de ses tournages pour élever ses enfants Darrell et Laurette.
La longévité artistique entre télévision et cinéma
Au fil des décennies, Saint a su réorienter sa carrière vers la télévision tout en acceptant des rôles marquants au cinéma. Ses multiples contributions au petit écran lui ont valu quatre nominations aux Emmy Awards, couronnées par une victoire en 1990 pour son rôle de second rôle dans la mini-série de NBC People Like Us, adaptée d’un roman de Dominick Dunne. Elle a également incarné la mère du personnage de Cybill Shepherd dans la série à succès Moonlighting entre 1986 et 1988.
Dans ses dernières années, elle est apparue dans le film de Wim Wenders Don’t Come Knocking en 2005 et a prêté ses traits à Martha Kent, la mère adoptive de Superman, dans le blockbuster Superman Returns réalisé par Bryan Singer en 2006. Elle laisse dans le deuil ses deux enfants, ses quatre petits-enfants ainsi que ses deux arrière-petits-enfants.