Publié le 23 novembre 2025 à 09h07. Alors que le deuxième tour de la FA Cup féminine bat son plein, un club de football anglais dénonce une inégalité flagrante dans les primes allouées aux équipes féminines et masculines, appelant la Fédération anglaise de football (FA) à agir pour une véritable égalité.
- La différence de primes entre les équipes masculines et féminines lors du deuxième tour de la FA Cup s’élève à 71 500 £ (environ 83 000 €).
- Lewes FC, pionnier en matière d’égalité salariale entre ses équipes masculine et féminine, critique le manque de volonté de la FA de corriger cette disparité.
- La FA a déjà démontré sa capacité à instaurer l’égalité en matière de frais de match et de primes pour les équipes nationales féminines et masculines.
Lewes Football Club, dont je suis directeur, a été le premier – et reste le seul – club professionnel ou semi-professionnel du Royaume-Uni à accorder une égalité salariale complète à ses équipes féminines et masculines, dès 2017. Cette initiative, saluée à l’époque, a été rendue possible grâce aux subventions de la FA et à une part des revenus commerciaux. Dans certains cas, l’équipe féminine, mieux classée en championnat, a même bénéficié d’un soutien financier supérieur, illustrant une transition vers une véritable équité.
Depuis 2019, nous militons activement pour l’égalité des primes en argent dans la FA Cup féminine et masculine. Il ne s’agit pas d’un simple slogan, mais d’une stratégie cohérente. Si la FA Cup se veut véritablement, selon ses propres termes, « le grand égalisateur du football », il est impératif que les aspects financiers reflètent cet idéal.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une victoire au deuxième tour de la FA Cup rapporte 79 500 £ (environ 93 000 €) à un club masculin, contre seulement 8 000 £ (environ 9 400 €) pour une équipe féminine. L’écart est de 41 750 £ (environ 49 000 €) au premier tour et grimpe à 86 500 £ (environ 101 000 €) au troisième tour. Même compétition, mêmes règles, même format à élimination directe, même instance dirigeante, mais une valorisation différente des joueuses.
Il est facile de se retrancher derrière les arguments habituels – « réalité commerciale », « différences de revenus », « c’est compliqué ». Mais ces justifications ne tiennent pas. La FA décide unilatéralement du montant des primes pour les deux compétitions et pourrait, sans difficulté, les égaliser dès demain, si elle le souhaitait.
Il est regrettable de voir certains rejeter cet appel à l’égalité en invoquant la fréquentation des stades et les revenus des droits de diffusion. Certes, les matchs masculins attirent plus de spectateurs et les droits TV sont plus lucratifs. Cependant, la FA ne perçoit aucune part des recettes de billetterie, rendant cet argument obsolète dans le débat sur l’égalité des primes. De plus, compte tenu de l’engagement public de la FA en faveur de la redistribution, il n’existe aucune justification valable pour maintenir des dotations inégales.
La FA a souvent ignoré nos demandes d’explications et d’engagement, mais récemment, elle a montré des signes d’ouverture. L’ironie est que la FA sait comment instaurer l’égalité. Depuis 2020, elle verse les mêmes frais de match et les mêmes primes aux équipes nationales féminines et masculines d’Angleterre. Ce principe – un salaire égal pour des performances égales – est déjà appliqué à St George’s Park.
La stratégie de développement du football féminin et féminin de la FA pour 2024-2028, intitulée « Vers plus haut », s’engage également à « offrir des chances égales » et à « construire des structures de compétition solides et de haute qualité ». Il est temps que les actes suivent les paroles.
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