Publié le 14 janvier 2024 à 18h30. Une étude américaine suggère qu’un sommeil réparateur modéré le week-end pourrait atténuer le risque de maladie rénale chronique chez les adultes qui ne dorment pas suffisamment pendant la semaine.
- Un sommeil de rattrapage de deux à trois heures le week-end est associé à une prévalence significativement plus faible de maladie rénale chronique (IRC).
- L’étude, basée sur les données de l’Enquête nationale sur la santé et la nutrition (NHANES), souligne l’importance de la répartition du sommeil, au-delà de sa durée totale.
- Les chercheurs appellent à des études longitudinales pour confirmer ces résultats et évaluer le potentiel du sommeil de rattrapage comme stratégie de prévention.
La maladie rénale chronique (IRC) touche plus de 10 % de la population adulte mondiale et est étroitement liée à des facteurs cardiométaboliques tels que le diabète, l’hypertension et l’obésité. Des recherches antérieures ont déjà mis en évidence un lien entre une durée de sommeil inadéquate (trop courte ou trop longue), l’insomnie et le ronflement, et le développement d’une insuffisance rénale ou la présence de protéines dans les urines. Cependant, la plupart de ces études se concentraient sur la durée moyenne du sommeil nocturne, sans tenir compte des comportements compensatoires comme le sommeil de rattrapage du week-end.
L’étude, publiée dans la revue Renal Failure, a analysé les données de près de 5 000 adultes américains issus de l’Enquête nationale sur la santé et la nutrition (NHANES) entre 2017 et 2020. Les chercheurs ont examiné la relation entre la durée du sommeil en semaine, le sommeil de rattrapage le week-end (définie comme la différence entre la durée du sommeil du week-end et celle des jours de semaine) et la prévalence de l’IRC, définie par un débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) inférieur à 60 mL/min/1,73 m2 ou un rapport albumine/créatinine urinaire d’au moins 30 mg/g.
Les résultats ont révélé que les adultes qui dormaient entre deux et trois heures de plus le week-end que pendant la semaine présentaient une prévalence significativement plus faible d’IRC par rapport à ceux qui ne rattrapaient pas leur sommeil (risque ajusté de 0,44 ; intervalle de confiance à 95 %, 0,21-0,88). Aucune association statistiquement significative n’a été observée pour des durées de sommeil de rattrapage plus courtes (1 à 2 heures) ou plus longues (3 heures ou plus). L’association inverse entre le sommeil de rattrapage et l’IRC était plus marquée chez les adultes qui dormaient moins de 7 heures en semaine, ainsi que chez les personnes de moins de 60 ans, quel que soit leur indice de masse corporelle (IMC), et chez les hommes et les femmes.
Les chercheurs soulignent que ces résultats suggèrent que la répartition du sommeil pourrait être aussi importante que sa durée totale pour la santé rénale. Comme le soulignent les auteurs, « lorsque la durée du sommeil en semaine est inférieure à 7 heures, un sommeil de rattrapage de 2 à 3 heures le week-end est fortement associé à une prévalence plus faible de l’IRC ». Ils reconnaissent toutefois que l’étude présente certaines limites, notamment le fait que la durée du sommeil a été auto-déclarée, ce qui peut introduire des biais. De plus, la conception transversale de l’étude ne permet pas d’établir un lien de causalité entre le comportement du sommeil et la santé rénale.
Les chercheurs appellent à des études longitudinales, utilisant des mesures objectives du sommeil, pour confirmer ces résultats et déterminer si le sommeil de rattrapage le week-end peut être considéré comme une cible pour les stratégies de prévention de l’IRC. Ils rappellent également que le sommeil de rattrapage ne doit pas être considéré comme une solution miracle et qu’il est essentiel de privilégier une durée de sommeil suffisante et régulière tout au long de la semaine.
Références
1. Chen S, Zhang T, Gao H, Zhang J. Association between weekend catch-up sleep and chronic kidney disease: insights from NHANES 2017-2020. Ren Fail. 2025;47(1):2461682. doi:10.1080/0886022X.2025.2461682
2. Hannan M, Ansari S, Meza N et al. Risk factors for chronic kidney disease progression: insights from the CRIC Study. Clin J Am Soc Nephrol. 2021;16(4):648-659. doi:10.2215/CJN.07830520
