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Famille Fernández sous le feu des projecteurs : un actionnaire accuse la vente frauduleuse des terrains rattachés à Brisas de Chicureo | bbcl_investigates

Publié le 24 octobre 2025 09:10:00. Une action en justice vise à lever le voile sur des transactions immobilières impliquant la famille Fernández, figures emblématiques du secteur, et à obtenir réparation pour une actionnaire minoritaire qui estime avoir…

Famille Fernández sous le feu des projecteurs : un actionnaire accuse la vente frauduleuse des terrains rattachés à Brisas de Chicureo | bbcl_investigates

Publié le 24 octobre 2025 09:10:00. Une action en justice vise à lever le voile sur des transactions immobilières impliquant la famille Fernández, figures emblématiques du secteur, et à obtenir réparation pour une actionnaire minoritaire qui estime avoir été lésée dans la vente de terrains à Colina.

  • Inversiones Santa Mónica SA, actionnaire à 20 %, accuse la famille Fernández d’avoir détourné des bénéfices liés à des projets immobiliers.
  • Une plainte a été déposée devant le huitième tribunal civil de Santiago, demandant l’accès aux livres comptables de la société.
  • L’affaire pourrait établir un précédent en matière de responsabilité des administrateurs de sociétés et de protection des actionnaires minoritaires.

Une bataille juridique s’est engagée au Chili concernant des opérations immobilières menées par la famille Fernández, reconnue pour avoir développé les prestigieux quartiers résidentiels de Las Brisas de Santo Domingo et Las Brisas de Chicureo. Inversiones Santa Mónica SA, représentée par Mónica Salinas, a déposé une plainte civile le 12 août 2025 devant le huitième tribunal civil de Santiago, visant à obtenir des informations cruciales sur la gestion financière de la société immobilière Inmobiliaria Brisas Oriente SA.

La plainte demande notamment une décision préjudicielle obligeant la famille Fernández à mettre à disposition les livres comptables, bilans, procès-verbaux et actes de la société. L’objectif est d’annuler des contrats et d’obtenir une indemnisation pour les dommages subis, en s’appuyant sur les articles 133 et 133 bis de la loi n° 18 046, qui régissent la responsabilité des administrateurs des sociétés anonymes.

Au cœur du litige se trouve la vente d’un terrain à Chicureo, dont Inversiones Santa Mónica SA affirme détenir 20 %. Selon la plainte, entre 2006 et 2014, Inmobiliaria Brisas Oriente SA a acquis plus de 20 terrains dans la commune de Colina. En 2015, Pedro Pablo Fernández Riesco, administrateur désigné et représentant du groupe familial, aurait proposé à Mónica Salinas de racheter sa participation de 20 %, invoquant des obstacles réglementaires. Cette proposition a été refusée.

Par la suite, l’action judiciaire soutient que le groupe majoritaire a transféré les actifs de la société vers de nouvelles entités, telles que Inmobiliaria CAB SpA, Inversiones CR Ltda. et Inversiones Sodisa Ltda., poursuivant le développement immobilier sans déclarer ni distribuer de bénéfices à Inversiones Santa Mónica. Le document précise que les contrôleurs « ont réalisé l’activité projetée, non pas à travers Inmobiliaria Brisas Oriente SA mais à travers d’autres véhicules d’investissement, conservant les bénéfices pour eux-mêmes, au détriment des actionnaires d’Inmobiliaria Brisas Oriente SA ».

La plainte détaille une série de 15 opérations d’achat et de vente réalisées entre 2015 et 2016, impliquant notamment la ferme Santa Filomena de Colina. Parmi les acheteurs figurent Inmobiliaria CAB SpA, représentée par Jaime Fuenzalida Ovalle, ainsi que des particuliers tels que Jorge Enrique Santander Poklepovic, José Ignacio Torres Gómez, Oscar Velasco Montes et Enrique Groetaers. Ces transactions auraient été signées devant notaire à Santiago sans l’approbation de l’assemblée générale, selon le plaignant.

Les avocats de Mónica Salinas, Germán Pfeffer Urquiaga, Francisco Galli Burroni et Gabriel Costamaillere Valdebenito, espèrent que cette action en justice permettra non seulement d’annuler les ventes et les achats contestés et d’obtenir des dommages et intérêts, mais aussi d’ouvrir la voie à une action pénale pour « profit de la fraude d’autrui », conformément à l’article 2316 du Code civil.

« Le manquement au devoir de loyauté entraîne nécessairement une appropriation de valeur par l’administrateur ou le gérant »

Extrait de la plainte, faisant référence à l’article 133 bis de la loi sur les sociétés anonymes.

Si elle aboutit, cette affaire pourrait créer un précédent important en matière de responsabilité des administrateurs et de protection des actionnaires minoritaires face aux groupes de contrôle familiaux, fréquents dans le paysage économique chilien. L’Unité d’Investigation a tenté de contacter les avocats de Mónica Salinas, qui ont décliné tout commentaire. Tomás Fernández et son avocat, Marcelo Giovanazzi, n’ont pas répondu aux sollicitations.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.