Publié le 17 novembre 2025. Le premier long métrage de Ronan Day-Lewis, Anémone, présenté en compétition officielle au FICX, marque le retour devant la caméra de Daniel Day-Lewis, huit ans après sa retraite, dans un film qu’il a également co-écrit et produit.
- Daniel Day-Lewis retrouve l’écran dans un rôle principal, huit ans après Le Fil Fantôme.
- Le film explore les thèmes du traumatisme, de la réconciliation et des conflits familiaux sur fond de tensions politiques en Irlande du Nord.
- Anémone bénéficie d’une réalisation soignée et d’une bande sonore marquante, mais souffre d’une ambition parfois excessive.
Après une pause de huit ans, Daniel Day-Lewis, acteur triple oscarisé pour ses rôles dans Mon pied gauche, There Will Be Blood (Oil Sanglante) et Lincoln, fait son grand retour au cinéma. Il donne la réplique à Sean Bean dans Anémone, le premier film réalisé par son fils, Ronan Day-Lewis. Ce dernier a également co-écrit le scénario avec son père et participe à la production, aux côtés notamment de Brad Pitt.
L’histoire suit Ray (Daniel Day-Lewis), un ancien soldat britannique hanté par un passé traumatisant vécu durant les troubles en Irlande du Nord. Il vit reclus dans une forêt du nord de l’Angleterre. Sa vie solitaire est bouleversée lorsque son ex-femme, Nessa (Samantha Morton), lui demande de retrouver son fils, Brian (Samuel Bottomley), qui traverse une crise. Ray est alors contraint de sortir de son isolement et de faire face à son frère, Jem (Sean Bean), qui s’occupe de Brian depuis des années.
Le film explore les dynamiques complexes entre ces trois personnages, confrontés à des années de silence, de rancœur et de non-dits. Les dialogues, les confrontations physiques et verbales, se déroulent dans une atmosphère froide et pesante, exacerbée par la consommation d’alcool. Ronan Day-Lewis parvient à créer des moments de tension palpable, mais le film peine parfois à trouver le juste équilibre entre réalisme et grandiloquence.
Si la réalisation de Ronan Day-Lewis n’est pas sans qualités, certains critiques estiment que la présence de son père a pu l’influencer, le poussant à surévaluer le personnage de Ray et à le comparer à ses rôles précédents, notamment Daniel Plainview dans There Will Be Blood. Le film flirte avec le réalisme magique, évoquant parfois l’univers de Magnolia, mais souffre d’une ambition excessive qui alourdit l’ensemble.
La photographie de Ben Fordesman, capturée en pleine nature, est particulièrement expressive. La bande sonore, composée par Bobby Krlic (alias The Haxan Cloak, collaborateur régulier d’Ari Aster), est également un atout majeur, mêlant des compositions originales à des morceaux de Black Sabbath, Neil Young et The Jesus & Mary Chain.
Anémone est donc un film imparfait, trop ambitieux et parfois surchargé, mais qui offre néanmoins des scènes impressionnantes et le plaisir de retrouver Daniel Day-Lewis, l’un des plus grands acteurs de sa génération.