Publié le 2023-11-22 14:35:00. Une proposition du Parti travailliste norvégien visant à suspendre les recommandations d’exclusion d’entreprises du fonds pétrolier du pays suscite la controverse, notamment en raison d’un rapprochement inattendu avec l’extrême droite. Les discussions budgétaires à venir pourraient être fortement influencées par cette initiative.
- Le Parti travailliste (Ap) cherche à obtenir le soutien de partis de droite pour bloquer toute nouvelle exclusion d’entreprises du fonds pétrolier.
- La proposition vise à suspendre les recommandations d’exclusion jusqu’à la mise en place d’un nouveau cadre éthique pour la gestion du fonds.
- Cette initiative provoque l’indignation de la gauche, qui y voit une alliance contre-nature avec le Parti du progrès (Frp).
La gestion éthique du fonds pétrolier norvégien, l’un des plus importants fonds souverains au monde (valeur actuelle d’environ 1 500 milliards de dollars), est au cœur d’un débat politique intense. Plusieurs partis de gauche, dont le Parti vert (MDG), Rødt, et le Parti socialiste de gauche (SV), avaient proposé des changements, des enquêtes et des mesures d’austérité, notamment en ciblant les entreprises impliquées dans l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Ils souhaitaient notamment vendre intégralement les parts de ces entreprises au sein du fonds.
Selon les informations rapportées par les journaux Dagens Næringsliv et VG, le Parti travailliste a présenté mardi soir une proposition concrète aux autres partis représentés au Storting (le parlement norvégien). Cette proposition stipule que le Conseil d’éthique suspende ses recommandations concernant l’observation et l’exclusion d’entreprises, et que Norges Bank, la banque centrale norvégienne qui gère le fonds, ne prenne aucune décision basée sur les directives actuelles en matière d’exclusion, en attendant l’établissement d’un nouveau cadre éthique.
La mise en place de ce nouveau cadre éthique prendra vraisemblablement du temps, laissant ainsi le statu quo en place pour une période indéterminée. Cette situation a suscité des réactions vives, notamment du côté de la gauche. Arild Hermstad, le leader du Parti des marxistes-léninistes (OMD), a exprimé son indignation face à cette alliance inattendue entre le Parti travailliste et le Parti du progrès (Frp).
« Je pense qu’il est assez provocateur que le parti travailliste élabore maintenant une politique avec le Frp, alors qu’il entame des négociations budgétaires avec les partis qui ont pointé du doigt Støre avant les élections. »
Arild Hermstad, leader du Parti des marxistes-léninistes (OMD)
Hermstad estime que cette alliance envoie un « très mauvais signal » et insiste sur la nécessité pour son parti d’exercer une influence plus forte lors des négociations budgétaires à venir, notamment sur les questions qui lui sont chères. Les prochaines semaines s’annoncent donc décisives pour l’avenir de la politique d’investissement éthique du fonds pétrolier norvégien.