Publié le 23 octobre 2025 00:31:00. La décision de la NFL de confier le spectacle de la mi-temps du prochain Super Bowl au chanteur portoricain Bad Bunny suscite une vive controverse aux États-Unis, entre défenseurs d’une représentation culturelle diversifiée et critiques conservatrices dénonçant une « déclaration politique ».
- Malgré les critiques, la NFL maintient son choix de Bad Bunny pour le Super Bowl.
- Des personnalités politiques et des groupes conservateurs dénoncent ce choix comme une prise de position politique.
- Bad Bunny est soutenu par d’autres artistes, dont Shakira, qui saluent son impact sur la musique latine.
La Ligue nationale de football (NFL) s’en tient à sa décision de confier le spectacle de la mi-temps du Super Bowl, qui se déroulera le 8 février 2026 à Santa Clara, en Californie, au musicien portoricain Bad Bunny. Le patron de la NFL, Roger Goodell, a défendu ce choix, le qualifiant de « soigneusement réfléchi », selon les médias américains. Bad Bunny sera le premier artiste à assurer l’intégralité du spectacle en langue espagnole, un événement inédit pour le plus grand événement télévisuel annuel aux USA.
Goodell a souligné que Bad Bunny est « l’un des artistes les plus importants et les plus populaires au monde », reconnaissant que de telles nominations suscitent inévitablement des réactions diverses compte tenu de l’audience massive de l’événement. D’autres artistes se produiront également lors du spectacle, comme c’est le cas chaque année.
Un débat sur le symbolisme politique
L’annonce de la participation de Bad Bunny a déclenché un débat passionné aux États-Unis. Des personnalités politiques conservatrices et des groupes proches de l’ancien président Trump critiquent ce choix, le considérant comme une « déclaration politique » et appelant à une alternative « entièrement américaine ». Erika Kirk, veuve du militant d’extrême droite Charlie Kirk et désormais à la tête de son organisation “Turning Point USA”, a annoncé la création d’une émission alternative qui célébrera « la foi, la famille et la liberté ».
Une pétition en ligne visant à remplacer Bad Bunny par le chanteur country George Strait a recueilli plus de 50 000 signatures. Ses initiateurs estiment que le musicien portoricain « ne peut pas honorer la culture américaine » et qu’il n’est « pas favorable à la famille », reprochant au spectacle de la mi-temps de ne pas avoir pour objectif « d’unir le pays » et de « renouer avec les racines américaines ». Musique et ses conséquences.
L’ancien président Donald Trump a qualifié la décision de la NFL de « ridicule ». Corey Lewandowski, conseiller au ministère de la Sécurité intérieure, a annoncé que l’agence d’immigration ICE renforcerait sa présence lors du Super Bowl, justifiant cette mesure par la présence attendue d’un plus grand nombre de personnes d’origine latino-américaine et de supporters hispanophones. Selon les médias américains, Lewandowski aurait également accusé Bad Bunny de « détester » l’Amérique.
Bad Bunny avait déjà exprimé sa critique des expulsions et des raids menés par ICE, annonçant qu’il suspendait pour l’instant ses concerts aux États-Unis dans le cadre de sa tournée mondiale, en raison de préoccupations liées aux opérations de l’agence.
Le soutien de Shakira
Pour Bad Bunny, de son vrai nom Benito Antonio Martínez Ocasio, cette invitation représente, selon les médias américains, une reconnaissance de la culture et de l’histoire de son peuple. C’est dans cette optique qu’il a accepté de se produire lors de cet événement exceptionnel.
L’artiste de 30 ans est l’un des phénomènes musicaux du moment : il est l’artiste le plus écouté au monde depuis plusieurs années, mélangeant les genres reggaeton, latin trap et pop, et remplissant les stades à travers le globe. Des stars comme la chanteuse pop Shakira et Jennifer Lopez ont apporté leur soutien à leur collègue face à la polémique, saluant sa contribution à l’essor de la musique en langue espagnole dans le monde entier.
