Publié le 5 janvier 2026. Des frappes aériennes menées conjointement par la France et le Royaume-Uni ont visé des positions de l’État islamique (EI) près de Palmyre, en Syrie, après que des cellules terroristes eurent été localisées stockant des armes et des explosifs dans des tunnels souterrains.
La nuit dernière, des avions de chasse britanniques Eurofighter et français Rafale ont bombardé des positions de l’EI au nord de Palmyre, un site antique syrien tristement célèbre pour avoir été en partie repris et détruit par les terroristes durant la guerre civile. Cette action militaire intervient après une escalade des tensions dans la région, notamment suite à une attaque de l’EI ayant coûté la vie à des soldats américains.
Selon le ministère britannique de la Défense, l’opération a été un succès, visant plusieurs accès aux tunnels utilisés par les terroristes pour entreposer des armes et des explosifs. Les avions britanniques ont utilisé des bombes guidées Paveway IV. Le ministère a précisé que la zone étant inhabitée, il n’y a aucune indication que l’attaque ait représenté un risque pour les civils. Tous les appareils sont rentrés à leur base.
L’armée française a adopté une approche plus prudente dans ses communications. Elle a souligné que la prévention de la résurgence de l’EI reste une priorité en matière de sécurité régionale et que la lutte contre le terrorisme demeure une priorité pour la France et ses partenaires. L’état-major français a diffusé une courte vidéo montrant des détonations dans une zone vallonnée, sans toutefois confirmer explicitement qu’il s’agissait de l’opération de Palmyre.
Aucun civil touché
Cette frappe fait suite à une série d’événements récents. Il y a un peu plus de trois semaines, l’armée américaine avait mené une opération baptisée Hawkeye Strike, bombardant plus de soixante-dix cibles de l’EI en Syrie en représailles à une attaque de l’EI qui avait tué trois Américains – deux soldats et un interprète – et blessé d’autres personnes.
L’agresseur responsable de l’attaque américaine s’est avéré être un membre des forces de sécurité syriennes, une révélation qui a jeté une ombre sur les relations entre les États-Unis et la Syrie, malgré une récente coopération accrue. Lors d’une visite historique à Washington, le président Ahmed al-Sharaa avait accepté que la Syrie rejoigne la coalition internationale anti-EI, mais pas l’opération militaire « Inherent Resolve » dirigée par les États-Unis.
Un signal aux États-Unis
La France et le Royaume-Uni sont des membres actifs de la mission « Inherent Resolve », comme elles l’ont rappelé après le raid aérien de samedi soir. Dans un contexte de tensions transatlantiques exacerbées par les déclarations du président américain Donald Trump concernant l’adhésion du Groenland , les actions françaises et britanniques pourraient être interprétées comme une démonstration de coopération avec leurs alliés américains.
Le ministre britannique de la Défense, John Healey, a déclaré que l’attaque contre l’EI démontrait la volonté du Royaume-Uni de « se tenir aux côtés de ses alliés ». Le fait que l’opération ait été menée avec précision, sans pertes civiles et avec succès, est un message que Paris et Londres souhaitaient probablement transmettre à Washington.
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