Lors de l’assemblée du Global Environment Facility (GEF) en Ouzbékistan, plus de 180 pays ont approuvé un plan de financement de 3,9 milliards de dollars pour la période 2026-2030. Ce nouveau cycle vise à protéger la biodiversité et à lutter contre le changement climatique via des programmes intégrés sur la nature, l’énergie et la santé.
Un budget en contraction face à l’urgence climatique
Photo: Dailynewsegypt
Le nouveau cycle de reconstitution du Global Environment Facility (GEF) marque un tournant financier complexe. Bien que les 3,9 milliards de dollars alloués pour les quatre prochaines années soutiennent des objectifs mondiaux, ce montant représente une contraction de près de 36 % par rapport aux 5,3 milliards de dollars disponibles pour le cycle se terminant en 2026.
Cette diminution reflète une réduction des contributions des pays développés. Les États-Unis n’ont pas versé de fonds pour les quatre prochaines années, tandis que l’Inde maintient sa contribution à 20 millions de dollars, identique à celle du cycle précédent. Cette situation met en lumière la difficulté croissante de mobiliser des ressources publiques suffisantes pour répondre aux besoins identifiés par les experts sur la biodiversité et le climat.
En marge de cette décision globale, des financements plus ciblés ont été validés lors de la réunion à Samarkand. Un montant de 232,5 millions de dollars a été approuvé pour 24 projets répartis dans 22 pays.
144,3 millions de dollars pour 16 projets, incluant la gestion de l’eau en Asie centrale et la protection des oiseaux migrateurs.
67 millions de dollars pour huit projets axés sur la résilience face aux inondations et la sécurité alimentaire.
20,5 millions de dollars pour deux projets de conservation de la biodiversité.
Réforme de la gouvernance et priorités de financement
Photo: BusinessLine
Pour compenser la baisse des fonds, le GEF mise sur une transformation de sa structure interne. L’objectif est de rendre l’organisation « plus rapide, plus simple et plus responsable », tout en garantissant que les ressources atteignent les pays de manière plus efficace. Les réformes visent notamment à réduire les délais d’approbation pour accélérer le passage de la planification à la mise en œuvre sur le terrain.
La répartition des ressources pour 2026-2030 suit une logique de justice climatique et d’inclusion sociale. Le mécanisme prévoit de consacrer une part significative des fonds aux populations les plus vulnérables :
Bénéficiaire cible
Allocation prévue
Pays les moins avancés et petits États insulaires en développement
35 %
Peuples autochtones et communautés locales
20 %
L’intégration des systèmes agroalimentaires
L’un des piliers de ce nouveau cycle repose sur la transformation des systèmes alimentaires. La FAO a salué cette initiative, soulignant que l’agriculture est un levier essentiel pour la résilience climatique et la protection des sols.
« Les systèmes agroalimentaires connectent de nombreuses solutions que nous sommes ici pour intensifier : renforcer la résilience face à un changement climatique, protéger la sécurité alimentaire, réduire les émissions et stopper la perte de biodiversité et la dégradation des terres. »
Photo: Global Agriculture
Godfrey Magwenzi, Directeur général adjoint et directeur de cabinet de la FAO
L’organisation onusienne rappelle que depuis 2006, elle a aidé plus de 140 pays à accéder à 2 milliards de dollars de ressources du GEF, générant plus de 14 milliards de dollars de cofinancements. Ces investissements ont permis d’améliorer les pratiques sur 173 millions d’hectares de paysages et de protéger 117 millions d’hectares de zones protégées.
La voix des pays en développement et l’enjeu du privé
La question de l’équité financière est restée au centre des débats. Lors de l’assemblée, l’Égypte a exhorté la communauté internationale à accroître le soutien financier aux nations en développement. Représentant la ministre de l’Environnement Manal Awad, Hoda El-Shawadfy a insisté sur le fait que les objectifs environnementaux mondiaux ne peuvent être atteints sans un financement prévisible et équitable.
Le gouvernement égyptien a notamment plaidé pour que le financement basé sur les subventions reste la pierre angulaire de l’aide, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des mécanismes de financement mixte.
Face à l’insuffisance des fonds publics, la stratégie du GEF repose désormais sur une mobilisation massive du secteur privé. Claude Gascon, directeur général par intérim, a évoqué l’ambition de voir chaque dollar versé par le GEF générer 18 dollars de financement privé. Pour y parvenir, de nouveaux instruments financiers, tels que les « obligations d’espèces » (species bonds) testées en Afrique pour les rhinos et les lémuriens, pourraient jouer un rôle déterminant.
« Le GEF-9 est une opportunité d’accroître l’ambition par l’intégration et de connecter les actions pour un impact accru. Il aidera également à intensifier le financement, à renforcer les approches inclusives et à soutenir les pays et les communautés les plus en première ligne de la crise environnementale. »
Claude Gascon, Directeur général par intérim et président du GEF
Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.