Le 1er juin, les autorités fédérales et étatiques mexicaines ont arrêté Martínez Larios, alias « El Gabito », un prétendu chef de zone des Los Chapitos, dans un complexe résidentiel au nord de Mazatlán. Cette opération s’inscrit dans une série de saisies visant le cartel de Sinaloa, incluant la capture du neveu de Joaquín « El Chapo » Guzmán.
Arrestations de hauts responsables des Los Chapitos
Les opérations récentes menées par les forces de l’ordre mexicaines ont visé plusieurs figures clés de la faction Los Chapitos. Outre l’arrestation de Martínez Larios, les autorités ont capturé un neveu de Joaquín « El Chapo » Guzmán lors d’une opération de sécurité près de la frontière avec les États-Unis, selon Latin Times. Ces événements sont considérés comme des revers importants pour le cartel de Sinaloa.
La lutte de pouvoir au sein du cartel de Sinaloa est devenue un moteur majeur de l’instabilité dans la région. Les affrontements entre la faction des Los Chapitos et celle restée fidèle à Ismael « El Mayo » Zambada ont entraîné une hausse de la violence et des opérations de sécurité intensifiées pour démanteler les structures de commandement de ces groupes rivaux.
Par ailleurs, les tensions juridiques se poursuivent concernant les membres du groupe de criminalité organisée CJNG. Le juge Alejandro Latorre Lozano a rejeté une demande visant à interrompre l’extradition d’un lieutenant du groupe surnommé « El Jardinero ». Le juge a déclaré la demande inadmissible, précisant que l’ordre d’extradition avait déjà été exécuté.
Le cadre de l’extradition constitue un pilier de la coopération bilatérale entre le Mexique et les États-Unis. Ce processus exige une validation judiciaire rigoureuse pour garantir que les transferts de suspects respectent les normes de droit international, une étape souvent contestée par les avocats de la défense. Ces procédures sont essentielles pour les efforts de démantèlement des réseaux, car elles permettent de traduire les chefs de cartel devant les tribunaux américains.
Tensions diplomatiques et enquêtes politiques
Le climat politique entre le Mexique et les États-Unis est marqué par des accusations mutuelles concernant la gestion du crime organisé. Les autorités américaines accusent le gouverneur de Sinaloa, Rubén Rocha Moya, d’avoir bénéficié du soutien de la faction Los Chapitos pour sa victoire électorale, tout en protégeant les activités de trafic de drogue une fois en fonction. Le Mexique a toutefois précisé que l’Interpol n’avait pas émis d’alerte rouge à l’encontre de Rubén Rocha Moya.
Une alerte rouge de l’Interpol est un outil de coopération policière internationale qui permet aux pays membres de localiser et d’arrêter une personne en vue de son extradition. L’absence d’une telle alerte signifie qu’il n’y a pas de demande officielle de recherche mondiale pour l’individu concerné. Cette dynamique souligne la complexité des relations bilatérales, où la sécurité intérieure du Mexique et les priorités de lutte contre la drogue des États-Unis s’entremêlent dans des débats sur la gouvernance et la souveraineté.
La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a rejeté les rapports indiquant que deux gouverneurs mexicains feraient l’objet d’enquêtes pour des liens avec le crime organisé. Elle a soutenu que ces investigations pourraient être motivées par des enjeux politiques liés aux élections américaines de 2026 et aux élections fédérales mexicaines de 2027. Cette position a suscité une réaction de l’ambassadeur des États-Unis au Mexique, qui a affirmé que transformer la lutte contre les cartels en question politique constituait une occasion manquée.
Évolution des substances et présence mondiale
La nature des produits trafiqués subit des modifications chimiques complexes. Le directeur de la DEA, Terrance Cole, a averti que le fentanyl est désormais mélangé à diverses substances synthétiques, telles que la xylazine, les nitazènes, le cicyclorphine et la medetomidine. Ces composants sont difficiles à détecter et ne sont pas approuvés pour la consommation humaine, d’après les informations de l’agence.
Cette transition vers des produits purement synthétiques modifie radicalement la lutte contre le trafic. Contrairement aux drogues d’origine végétale comme la cocaïne ou l’héroïne, les opioïdes synthétiques peuvent être produits dans des laboratoires clandestins à partir de précurseurs chimiques, ce qui complique la surveillance des routes commerciales et des récoltes saisonnières traditionnelles.
L’influence des réseaux mexicains s’étend également au-delà du continent américain. La police sud-africaine a découvert trois laboratoires de méthamphétamine liés au Mexique depuis le milieu de l’année 2024.
Sur le plan social, la violence liée aux activités des cartels reste un problème majeur au Mexique. Selon des données du Sénat mexicain, les cas de prostitution forcée enregistrent un taux d’impunité d’environ 97 %. Dans le cadre des activités liées à la Coupe du Monde, des rapports indiquent que les cartels pourraient intensifier le contrôle de la prostitution forcée.
L’augmentation de la criminalité lors de grands événements internationaux est un phénomène observé par les experts en sécurité, car l’afflux massif de touristes et de flux financiers crée des opportunités supplémentaires pour les activités de trafic et d’exploitation criminelle.
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