Cent quatre-vingt-six pays ont approuvé un financement de 3,9 milliards de dollars pour le Global Environment Facility (GEF) lors d’une assemblée à Samarcande, en Ouzbékistan. Ce cycle GEF-9, prévu de juillet 2026 à juin 2030, vise à combattre le changement climatique et la perte de biodiversité via des programmes intégrés et des réformes opérationnelles.
La répartition stratégique des 3,9 milliards de dollars
L’enjeu du cycle GEF-9 ne réside pas seulement dans le montant global, mais dans l’orientation des fonds. Le nouveau cadre rompt avec les programmes cloisonnés pour adopter des initiatives intégrées. L’objectif est qu’un seul investissement serve simultanément plusieurs objectifs touchant la nature, l’énergie, les systèmes alimentaires et la santé.
La distribution géographique et sociale suit une logique de vulnérabilité. Selon Environment Energy Leader, au moins 35 % des ressources du fonds fiduciaire sont allouées aux pays les moins avancés et aux petits États insulaires en développement. Ces nations subissent les risques écologiques les plus sévères tout en étant les moins responsables des émissions mondiales.
Le financement accorde également une place inédite aux acteurs locaux. 20 % des fonds sont destinés aux peuples autochtones et aux communautés locales. Cette décision marque un tournant : la finance de la conservation considère désormais les terres gérées par les communautés comme des infrastructures essentielles et non plus comme une simple considération politique secondaire.
Des financements immédiats pour 22 pays
Parallèlement au cadre général, l’assemblée a débloqué des fonds d’urgence pour des projets concrets. Un montant de 232,5 millions de dollars a été approuvé pour 24 projets répartis dans 22 pays.

Comme le rapporte le Global Government Forum, ces investissements ciblent des priorités variées :
- La gestion de l’eau en Asie centrale.
- La résilience face aux incendies de forêt en Inde.
- La production et le stockage d’énergie renouvelable en Ouzbékistan.
- La réduction des conflits entre l’homme et la faune sauvage au Botswana.
- La protection des couloirs de migration des oiseaux entre l’Asie de l’Est et l’Australie.
Une enveloppe supplémentaire de 67 millions de dollars est dédiée à l’adaptation climatique dans huit pays : le Bangladesh, la République démocratique du Congo, la Guinée-Bissau, Niue, le Sénégal, les îles Salomon, le Soudan et le Togo. Ces fonds visent la sécurité alimentaire, la gestion des risques côtiers et la préparation aux catastrophes.
Enfin, 20,5 millions de dollars sont alloués à la conservation de la biodiversité, dont près de 40 % sont directement orientés vers les populations autochtones et locales.
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Réformes structurelles et impératif de rapidité
L’un des points critiques du GEF-9 est la lutte contre la lenteur administrative. Le déploiement tardif des fonds a longtemps été une critique majeure des financements environnementaux multilatéraux. Le nouveau cycle place donc la vitesse comme une priorité absolue.
L’organisation prévoit de simplifier les procédures et de réduire les barrières administratives pour accélérer le passage de la planification à l’exécution. D’après fundsforNGOs News, cette approche vise à « rendre le GEF plus rapide, plus simple et plus responsable » et à « garantir que les ressources atteignent les pays plus efficacement ».

“C’est une démonstration puissante de l’engagement à atteindre les objectifs environnementaux internationaux grâce à la coopération multilatérale. Le processus de reconstitution a montré ce qui devient possible lorsque nous choisissons la coopération et la collaboration – lorsque nous nous réunissons pour agir non seulement pour nos propres pays, mais pour notre planète partagée.”
Claude Gascon, PDG par intérim et président du GEFL’objectif est d’étendre la participation à la société civile, aux jeunes, aux femmes et au secteur privé pour transformer les systèmes urbains, énergétiques et alimentaires.
Bilan historique et mobilisation des capitaux
Créé en 1991, le GEF s’est imposé comme un moteur financier pour des accords mondiaux comme l’Accord de Paris et le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal. Ce dernier fixe l’objectif de protéger 30 % des terres et des mers d’ici 2030.
Le volume total des fonds mobilisés depuis sa création fait l’objet de légères divergences selon les sources, illustrant l’ampleur des flux financiers gérés :
| Indicateur | Données Source A (Environment Energy Leader) | Données Source B (fundsforNGOs News) |
|---|---|---|
| Subventions versées | Plus de 26 milliards de dollars | Plus de 27 milliards de dollars |
| Co-financements mobilisés | Plus de 148 milliards de dollars | Environ 155 milliards de dollars |
Actuellement, l’organisation gère plus de 2 300 projets actifs et supervise environ 12,6 milliards de dollars de financements en cours. Elle espère mobiliser 80,5 milliards de dollars supplémentaires via des partenariats avec des banques de développement et des investisseurs privés.
Parmi ses succès notables, le programme des villes durables a déjà soutenu plus de 100 villes dans 40 pays, renforçant la planification urbaine et la résilience climatique. L’enjeu pour GEF-9 sera de transformer ces réussites ponctuelles en un modèle systémique capable de répondre à l’urgence climatique d’ici 2030.
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