L’histoire d’une relation mentorale complexe, celle entre un entraîneur irlandais et un prodige de la boxe britannique d’origine yéménite, est au cœur d’un nouveau film qui peine à décoller malgré un casting prometteur. « Giant », présenté au Festival du film de Londres, explore l’ascension et la chute de Naseem Hamed, surnommé « Prince », et son lien tumultueux avec Brendan Ingle.
Le film retrace le parcours de Brendan Ingle, interprété par Pierce Brosnan, qui a pris sous son aile un jeune Naseem Hamed (Amir El-Masry), originaire de Sheffield. Ingle a non seulement aidé le jeune boxeur à surmonter le racisme et à canaliser son énergie débordante, mais l’a également façonné en une star médiatique à la fin des années 1990. Il a encouragé son arrogance spectaculaire et perfectionné ses coups dévastateurs.
Cependant, la richesse et la gloire ont fini par monter à la tête de Hamed, qui a progressivement coupé Ingle de ses succès, le laissant sur le carreau, un peu comme un Falstaff moderne ou un Broadway Danny Rose oublié. Toby Stephens incarne Frank Warren, le promoteur londonien qui a rapidement vu le potentiel commercial de la découverte d’Ingle.
Malgré un casting solide, le film souffre d’un manque de dynamisme. Les scènes de boxe sont correctement exécutées, mais le drame central, la relation entre Ingle et Hamed, apparaît souvent plat et répétitif. Le personnage de Hamed manque de nuances, et Amir El-Masry, pourtant talentueux, n’a pas l’occasion de déployer toute la complexité de son rôle. Il est clair qu’il s’est préparé physiquement pour le rôle, et il est convaincant dans l’arène, mais le scénario ne lui offre pas suffisamment de matière.
Le dialogue est souvent lourd et explicatif, se contentant de raconter l’histoire plutôt que de la montrer. On a l’impression d’un scénario écrit pour ceux qui regardent la télévision en faisant autre chose, comme le soulignent souvent les dirigeants des plateformes de streaming. La bande originale, par ailleurs, est excessive, voire assourdissante, notamment lors de la visite de Hamed au manoir de Warren.
Brosnan et El-Masry font de leur mieux pour insuffler de la vie à leur relation, mais celle-ci ne parvient jamais à réellement décoller. Les moments clés, comme la scène où Ingle, provoqué par Hamed qui le traite de « vieil homme », propose de l’affronter en personne, sont tronqués et manquent d’impact. L’issue de cette confrontation improbable reste incertaine : Hamed va-t-il le mettre KO, ou va-t-il faire preuve de clémence ? Le film ne le révèle pas.
Le film offre néanmoins quelques moments d’humour. Brosnan livre une réplique mémorable lorsqu’Ingle explique à un journaliste ce qu’il enseigne aux jeunes de son quartier : « Rejeter les préjugés et, si vous croisez un pédophile, donnez-lui un coup de pied dans les testicules ». La gêne de Hamed face aux pitreries d’Ingle, comme lorsqu’il est déguisé en « bête du Moyen-Orient » au début de sa carrière, est également amusante.
La rupture entre les deux hommes est attribuée à la publication d’un livre controversé par Ingle, une modification de l’ouvrage de Nick Pitt, « The Paddy and the Prince ». La scène finale, une conversation imaginée entre les deux hommes, est intéressante, mais l’hommage émotionnel que Hamed aurait rendu à Ingle après sa mort n’est mentionné qu’au générique, et n’est pas montré à l’écran.
« Giant » propose un sujet intéressant, mais l’exécution laisse à désirer. Le film sera présenté dans les cinémas britanniques et irlandais à partir du 9 janvier 2025.
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