Home Technologie et scienceGO EXPERTS: «Je ne veux pas maintenir le code généré par l’AI»

GO EXPERTS: «Je ne veux pas maintenir le code généré par l’AI»

by Thomas Caron

Publié le 28 septembre 2025 à 13h05. L’essor de l’intelligence artificielle générative interroge les développeurs de logiciels, notamment ceux utilisant le langage Go, sur l’avenir de leur profession et la qualité du code produit. Des experts se penchent sur l’impact de ces outils sur la productivité, la maintenance et la formation des nouvelles générations de programmeurs.

  • Le langage de programmation Go connaît une popularité croissante, atteignant un niveau record dans le classement Tiobe en novembre 2023.
  • L’IA générative facilite la création de code, mais soulève des inquiétudes quant à sa qualité et à son impact sur le travail des développeurs.
  • L’équipe Go travaille activement à améliorer la compatibilité du langage avec les outils d’IA et à fournir un support de premier ordre pour les SDK d’IA populaires.

La question de l’impact de l’intelligence artificielle sur le monde de la programmation a été au cœur d’une discussion récente entre Dominic St-Pierre, consultant en logiciels d’entreprise et créateur de contenu pédagogique sur Go, et John Arundel, auteur de l’ouvrage Pour l’amour de Go et de sa réédition, L’amour plus profond de Go. Leur échange, diffusé sur le podcast de St-Pierre, a exploré les opportunités et les défis posés par l’IA générative pour les développeurs.

Selon Arundel, le langage Go a connu un regain d’intérêt ces derniers temps. « Je pensais que l’avenir de Go était incertain, mais il a un peu rebondi », a-t-il déclaré. St-Pierre confirme cette tendance, notant une augmentation de l’utilisation de Go au cours des six derniers mois. Les statistiques corroborent ce sentiment : en novembre dernier, Go a atteint sa position la plus élevée dans le classement de popularité des langages de programmation Tiobe, se hissant à la 7ème place. Paul Jansen, PDG de Tiobe, souligne la facilité d’apprentissage, de déploiement et de compréhension de Go. Il prédit même que Go pourrait dépasser JavaScript dans les trois prochaines années.

Un sondage annuel auprès des développeurs Stack Overflow révèle également une adoption croissante de Go, avec 16,4% des répondants l’ayant utilisé en 2024, contre 13,5% l’année précédente. Arundel anticipe que Go restera un langage incontournable pendant de nombreuses décennies, en raison de son intégration profonde dans l’infrastructure cloud et internet. « Il sera avec nous longtemps après l’apocalypse, probablement ! » s’exclame-t-il.

Parallèlement à cette popularité grandissante, St-Pierre observe une augmentation des outils d’IA, y compris des outils en ligne de commande générés par l’IA, sur le subreddit dédié à Go. Il constate que l’IA facilite considérablement la construction de logiciels, et se demande si la compatibilité de Go avec ces outils contribue à son succès. La portabilité de Go, qui permet de le déployer sur divers systèmes d’exploitation, est un atout majeur dans ce contexte.

Arundel estime que l’IA pourrait abaisser la barrière à l’entrée pour les nouveaux développeurs. « Cela leur facilite la construction de quelque chose et de le publier sur Reddit ! » s’amuse-t-il. Il ajoute que la syntaxe relativement simple de Go le rend particulièrement adapté à la génération de code par l’IA.

L’équipe Go est consciente de ces évolutions et travaille activement à améliorer l’intégration du langage avec les outils d’IA. Austin Clements, responsable de l’équipe Go, a déclaré que l’objectif est de faire de Go un langage de choix pour le développement de systèmes d’IA de production, en améliorant ses capacités dans ce domaine et en fournissant un support aux développeurs. L’équipe prévoit également de continuer à développer un support de premier ordre pour les SDK d’IA populaires, tels que Langchain et Genkit.

Cependant, l’utilisation de l’IA générative soulève des inquiétudes quant à la qualité du code produit. St-Pierre s’interroge sur les conséquences de la prolifération de logiciels de qualité médiocre, et sur l’acceptation croissante de la médiocrité dans l’industrie. « La barre pour accepter les livrables est très basse… », déplore-t-il. Il craint que les consultants ne soient submergés par la nécessité de corriger et de maintenir du code généré par l’IA qui n’est pas à la hauteur.

Arundel, plus optimiste, suggère que l’augmentation du nombre de logiciels de mauvaise qualité pourrait en réalité stimuler la demande pour les services de conseil. Il souligne également que le code généré par l’IA n’est pas fondamentalement différent du code produit par des humains, qui est souvent imparfait. « Le logiciel a toujours été terrible. Il y en a juste beaucoup plus maintenant, et il est beaucoup moins cher à lancer », explique-t-il.

St-Pierre s’inquiète également de l’impact de l’IA sur la formation des jeunes développeurs. Il craint que l’utilisation d’outils d’IA pour générer du code de base ne nuise à leur apprentissage et à leur capacité à développer une compréhension approfondie des principes de la programmation. « J’appréciais embaucher un junior, le former… et le voir exploser et me battre à un moment donné. C’est amusant. C’est ce que j’aimais », confie-t-il.

Arundel conclut sur une note philosophique, soulignant que le monde de la programmation est en constante évolution. « Où nous sommes maintenant, c’est une période très étrange et de transition, et les choses vont probablement se dérouler différemment de ce que nous imaginons », dit-il. Il reste convaincu que la programmation continuera d’exister en tant qu’activité, même en l’absence de valeur économique. « Parce que c’est amusant ! »

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