Publié le 2024-02-29 14:15:00. Google envisage de délocaliser une partie de sa puissance de calcul dans l’espace grâce à une constellation de satellites solaires équipés d’unités de traitement spécialisées, une initiative visant à répondre aux besoins croissants en énergie de l’intelligence artificielle.
- Google a lancé le projet Suncatcher, qui prévoit le déploiement de satellites solaires dotés de processeurs TPU (Tensor Processing Units).
- L’objectif est de tirer parti de l’énergie solaire abondante dans l’espace, potentiellement jusqu’à huit fois plus efficace que sur Terre.
- La viabilité du projet dépend de la réduction des coûts de lancement et du développement de technologies de communication sans fil performantes.
L’entreprise américaine Google explore une solution radicale pour alimenter l’essor de l’intelligence artificielle : l’espace. Le géant de la technologie a dévoilé son projet Suncatcher, une ambitieuse initiative visant à créer des centres de données orbitaux alimentés par l’énergie solaire. Selon Google, le soleil représente une source d’énergie inépuisable, rayonnant une puissance bien supérieure à la production électrique mondiale combinée.
« Le soleil est la source d’énergie la plus importante de notre système solaire, rayonnant plus d’énergie que 100 000 milliards de fois la production totale d’électricité de l’humanité. Sur la bonne orbite, un panneau solaire peut être jusqu’à huit fois plus puissant que sur Terre et produire de l’énergie de manière quasi continue », explique Travis Beals de Google. L’idée est de déployer une constellation de satellites équipés de processeurs TPU (Tensor Processing Units), des unités de traitement spécialement conçues pour l’apprentissage automatique, afin de réaliser des calculs complexes directement dans l’espace.
Cependant, la mise en œuvre de ce projet se heurte à plusieurs défis majeurs. Le premier concerne la capacité de lancement. Même avec les prévisions optimistes de SpaceX, qui prévoit plus de 140 lancements par an, la mise en orbite de l’infrastructure nécessaire représente un obstacle logistique considérable. Le coût du lancement est également un facteur déterminant. Google estime qu’à 200 dollars le kilogramme (environ 180 euros le kilogramme) d’ici dix ans, les centres de données spatiaux pourraient être économiquement viables, comparables à leurs homologues terrestres en termes de coûts énergétiques. Actuellement, les prix sont plus de dix fois plus élevés.
La communication entre les satellites et la Terre représente un autre défi technique. Pour transmettre des données à grande vitesse – plusieurs dizaines de térabits par seconde – dans le vide spatial, il sera nécessaire de recourir à des technologies sans fil avancées. Google propose un réseau de 81 satellites volant à une distance de 100 à 200 mètres les uns des autres, formant un ensemble de deux kilomètres de diamètre et orbitant à une altitude de 650 kilomètres. Cette configuration permettrait de maintenir un contact étroit entre les satellites et de minimiser les pertes d’énergie liées à la transmission des données.
Le projet Suncatcher, s’il aboutit, pourrait marquer une étape importante dans le développement de l’intelligence artificielle et la recherche de solutions énergétiques durables. Il reste à déterminer si les obstacles techniques et économiques pourront être surmontés pour transformer cette vision ambitieuse en réalité.
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