Home NouvellesGreene et l’abordabilité feront-ils sombrer Trump ? Périodique quotidien

Greene et l’abordabilité feront-ils sombrer Trump ? Périodique quotidien

by Nicolas Lefèvre

La popularité du président Trump s’effrite, même au sein de son propre camp, alors que les critiques se multiplient sur sa gestion de l’économie et son éloignement perçu des préoccupations des Américains. Des fissures apparaissent au sein du Parti républicain, et l’ombre des élections de mi-mandat plane déjà.

Marjorie Taylor Greene, figure influente du parti républicain et fervente supportrice de Donald Trump pendant cinq ans, a récemment pris ses distances avec le président, allant jusqu’à le qualifier de « traître » et de « maussade ». Elle l’accuse notamment de déconnexion avec la réalité économique vécue par les Américains. « Le président doit reconnaître qu’il est milliardaire… il ne peut pas manipuler les gens en leur disant qu’ils peuvent payer leurs factures… et que l’économie obtient une note A++++ », a déclaré la députée.

L’économie, que Trump s’était toujours vanté de maîtriser grâce à son expérience d’entrepreneur, est devenue un point faible de son administration. Il a attribué une note de A++++ (équivalent à 110 sur une échelle non précisée) à l’économie lors d’une interview à Politico, une affirmation largement perçue comme une exagération. En réalité, selon le magazine Forbes, son patrimoine a augmenté de 4,3 à 7,3 milliards de dollars (environ 6,8 milliards d’euros) depuis le début de son second mandat, tandis que la situation économique reste précaire pour la majorité des Américains.

Greene souligne l’écart croissant entre Trump et son électorat, notamment les partisans du mouvement MAGA, face à l’augmentation du coût de la vie et à l’absence de mesures pour renouveler les subventions à l’assurance maladie. Plus de 24 millions d’Américains pourraient voir leurs primes d’assurance Obamacare augmenter considérablement avec l’expiration prochaine de ces subventions.

La députée dénonce également les signes d’une politique favorisant les riches, illustrés par les fêtes organisées à Mar-a-Lago et les rencontres avec les personnalités les plus fortunées du pays. La rénovation de l’aile Est de la Maison Blanche, financée par des dons privés, contraste vivement avec les difficultés rencontrées par les électeurs de la classe ouvrière, qui constituaient le socle de la coalition électorale de Trump.

Les conseillers de Trump ont pris conscience de cette situation et l’ont incité à modifier son discours, en organisant une série de rassemblements électoraux. Lors de son premier meeting en Pennsylvanie, cependant, le président a continué de se concentrer sur les attaques contre les migrants, en particulier les Somaliens, et a réaffirmé que le concept d’« abordabilité » était une invention de ses opposants politiques.

Les sondages confirment cette tendance. Selon un récent sondage Economist/YouGov, 56 % des Américains estiment que Trump utilise sa fonction présidentielle à des fins personnelles, contre 32 % qui pensent le contraire. De plus, 56 % des personnes interrogées pensent qu’il instrumentalise le ministère de la Justice pour se venger de ses ennemis, comme dans les cas de James Comey et Laetitia James. Sa cote de popularité générale s’élève à seulement 36 % (sondage AP/NORC), et seulement 31 % des Américains approuvent sa gestion de l’économie.

Dans une interview au Wall Street Journal, Trump a reconnu que, bien qu’il ait créé la plus grande économie, il faudra du temps aux Américains pour en ressentir les effets. Il a également anticipé une défaite dans l’une ou les deux chambres du Congrès lors des élections de mi-mandat et aurait contacté certains gouverneurs républicains pour leur demander de redessiner les circonscriptions électorales afin de favoriser les chances de victoire de son parti. Le Texas, le Missouri et la Caroline du Nord ont accédé à sa demande, tandis que l’Indiana a refusé, révélant des tensions au sein du Parti républicain. Les États contrôlés par les démocrates, comme la Californie, le Maryland et la Virginie, s’efforcent de contrer ces manœuvres.

L’impopularité croissante de Trump pourrait inciter les candidats républicains au Sénat et à la Chambre des représentants à prendre leurs distances avec lui, le considérant comme un handicap plutôt qu’un atout lors des élections de mi-mandat.

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