Publié le 5 novembre 2025 à 01h02. Une femme britannique a passé deux ans alitée, victime d’une tumeur cérébrale initialement masquée par des symptômes similaires à ceux d’une grippe, soulignant les défis du diagnostic médical et l’importance d’une vigilance accrue.
- Karen Tate, 57 ans, a vu ses symptômes initiaux (fatigue, fièvre, douleurs musculaires) attribués à un simple rhume ou à la ménopause.
- Un diagnostic tardif d’un méningiome bénin de grade 2 a finalement été posé après des examens approfondis.
- La recherche sur les méningiomes est en cours, avec un investissement de 1,5 million de livres sterling (environ 1,75 million d’euros) par l’association Brain Tumor Charity au Royaume-Uni.
L’histoire de Karen Tate, originaire de Fakenham, dans le Norfolk, met en lumière la complexité du diagnostic médical et les conséquences d’un retard. À l’automne 2022, elle a commencé à souffrir d’une fatigue extrême, de fièvre, de douleurs musculaires et de courbatures. Son médecin traitant a d’abord considéré ces symptômes comme bénins, les attribuant à un rhume ou aux effets de la ménopause.
Au fil des mois, l’état de Mme Tate s’est détérioré. Elle est devenue incapable de se mouvoir et a été contrainte de rester alitée pendant près de deux ans. Des symptômes neurologiques, tels qu’une hypersensibilité à la lumière et au son, une vision floue, de l’insomnie et une raideur de la nuque, se sont ajoutés à son tableau clinique. Son mari, Neil Day, 58 ans, a multiplié les visites à l’hôpital, mais le personnel médical a initialement évoqué la fibromyalgie, la dépression ou encore la ménopause comme causes possibles.
En 2021, Karen Tate avait reçu un diagnostic de cancer du vagin et était suivie régulièrement. En novembre 2024, lors d’une IRM de contrôle annuelle, son état s’est jugé trop préoccupant pour poursuivre l’examen. Son obstétricien-gynécologue a alors recommandé une IRM cérébrale. C’est cette IRM qui a révélé la présence d’une masse importante dans son cerveau. Une biopsie a confirmé qu’il s’agissait d’un méningiome bénin de grade 2.
En février 2025, Karen Tate a subi une craniotomie à l’hôpital Addenbrooke de Cambridge pour retirer la majeure partie de la tumeur. L’opération a été un succès et n’a révélé aucun signe de malignité. Elle est désormais suivie par IRM annuelle pour surveiller d’éventuelles récidives.
« Mon médecin m’a dit à maintes reprises : « Tout est dans votre tête ». En fin de compte, c’était vrai, mais le sens était complètement différent »
Karen Tate
« Quand j’ai ouvert les yeux après l’opération et que j’ai vu les lumières vives dans la chambre d’hôpital, j’ai senti que la guérison avait enfin commencé. »
Karen Tate
Les méningiomes sont des tumeurs qui se développent à partir des membranes entourant le cerveau et la moelle épinière. Ils représentent 30 à 40 % de toutes les tumeurs cérébrales primitives. Bien que la plupart soient bénignes, leur emplacement et leur taille peuvent provoquer des symptômes neurologiques ou entraîner des récidives. L’incidence de ces tumeurs est 2 à 3 fois plus élevée chez les femmes que chez les hommes, en raison de l’influence des hormones féminines, notamment la progestérone, sur les cellules tumorales. L’âge moyen du diagnostic se situe généralement entre 50 et 60 ans. D’autres facteurs de risque incluent une mutation du gène NF2 ou une exposition aux radiations de la tête.
Les symptômes des méningiomes varient en fonction de leur localisation, mais peuvent inclure des maux de tête, des troubles de la vision, des crises d’épilepsie, des pertes de mémoire, une paralysie physique, des changements de personnalité et des difficultés d’élocution. Le diagnostic repose principalement sur l’IRM, qui permet de visualiser la tumeur comme une masse ronde contrastée après injection d’un agent de contraste. Le traitement principal est l’ablation chirurgicale, complétée par une radiothérapie stéréotaxique (telle que le Gamma Knife) si la résection complète est impossible.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe les méningiomes en trois grades, de 1 à 3. La plupart sont bénins (grade 1), mais les méningiomes de grade 2 (atypiques) ou supérieur présentent un risque de récidive plus élevé, nécessitant une surveillance régulière par IRM. Des recherches récentes se concentrent sur les mutations génétiques et les réponses immunitaires dans les méningiomes, ouvrant la voie à des traitements personnalisés dans le futur. The Brain Tumour Charity, au Royaume-Uni, a récemment lancé le programme « Quest for Cures », investissant 1,5 million de livres sterling (environ 1,75 million d’euros) dans la recherche sur les méningiomes.