Publié le 2 janvier 2026 22h00. Malgré les sanctions occidentales et les difficultés économiques russes, Vladimir Poutine semble confiant dans sa capacité à poursuivre la guerre en Ukraine, en partie grâce à l’espoir d’un éventuel revirement de la politique américaine sous une future administration Trump.
- L’économie russe est fragilisée par des taux d’intérêt élevés, une pénurie de main-d’œuvre et l’augmentation du coût de la dette publique.
- Selon une analyse de Politico, les chances d’une initiative de Donald Trump pour mettre fin rapidement au conflit sont relativement faibles.
- La prolongation de la guerre pourrait déstabiliser l’Europe et affaiblir l’alliance transatlantique, tout en offrant des opportunités à la Chine.
Alors que les sanctions occidentales sont censées affaiblir l’économie russe et contraindre le Kremlin à revoir sa stratégie, le président Vladimir Poutine maintient une ligne dure en Ukraine. Une analyse publiée par Politico explore les différents scénarios possibles pour 2026, soulignant la complexité de la situation et les facteurs qui pourraient influencer l’issue du conflit.
Indépendamment des combats acharnés sur le front et des perturbations de l’approvisionnement en carburant en Russie suite aux attaques ukrainiennes contre les raffineries, Poutine reste inflexible quant à ses exigences maximalistes. Politico estime que les chances d’une intervention de Donald Trump pour mettre fin à la guerre sont d’environ 4 pour 1.
Parallèlement, le président ukrainien Volodymyr Zelensky est confronté à des contraintes politiques internes qui limitent sa marge de manœuvre et pourraient susciter une opposition publique si des concessions importantes étaient faites.
L’article de Politico suggère que Trump pourrait être plus disposé à envisager un accord, rappelant qu’après un sommet en Alaska avec Poutine, l’ancien président américain aurait confié au président français Emmanuel Macron qu’il pensait que Poutine souhaitait réellement « conclure un accord avec moi ».
Poutine joue sur les attentes de Trump
« L’obstination du dirigeant russe frustre Trump et le pousse parfois à se demander s’il n’est pas manipulé – une impression que Melania Trump partage, selon l’article. » Poutine semble maîtriser l’art de la manipulation et son timing pour s’adresser à son homologue américain est particulièrement habile. L’appel téléphonique de deux heures du mois dernier, au cours duquel il a évoqué la possibilité d’un sommet, coïncidait avec des spéculations sur une éventuelle livraison de missiles de croisière Tomahawk à l’Ukraine par les États-Unis.
Selon les journalistes, la prolongation du conflit profite à Poutine. Elle exerce une pression accrue sur les pays européens, déjà confrontés à des difficultés économiques, et risque de fragiliser l’alliance transatlantique. Un Occident affaibli pourrait également encourager la Chine, et son président Xi Jinping, à envisager une action similaire à Taïwan.
Le régime de Poutine pourrait être fragilisé par une fin brutale du conflit. Une sortie rapide de l’économie de guerre pourrait entraîner des tensions sociales et politiques dangereuses, caractérisées par une « concurrence féroce et acharnée pour des ressources en diminution », selon Ella Paneyah, sociologue au groupe de réflexion New Eurasian Strategies.
« Compte tenu de la grave pénurie de main-d’œuvre en Ukraine – les unités ukrainiennes ne pouvant déployer qu’une douzaine de soldats par kilomètre de front – il existe toujours une possibilité de percée sur la ligne de front. En d’autres termes, Poutine pourrait calculer qu’il a plus à gagner en persévérant : davantage de territoires, des garanties de sécurité occidentales affaiblies et une limitation de la taille de l’armée ukrainienne d’après-guerre. »
Ella Paneyah, sociologue au groupe de réflexion New Eurasian Strategies
L’économie russe est en difficulté, confrontée à des taux d’intérêt élevés, une pénurie de main-d’œuvre et une augmentation du coût de la dette publique. Les banques russes sont également confrontées à des inquiétudes concernant les créances irrécouvrables. Parallèlement, l’Ukraine pourrait se retrouver dans une situation précaire cet hiver en raison des attaques continues contre ses infrastructures énergétiques et du manque de financement européen suffisant.
L’avis du général Hodges sur la fin de la guerre
Le général à la retraite Ben Hodges, ancien commandant en chef des forces armées américaines en Europe, estime que la guerre en Ukraine ne prendra fin que lorsque Vladimir Poutine acceptera qu’il ne peut pas gagner. Il considère que les efforts diplomatiques de Donald Trump sont voués à l’échec.
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