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Himalaya: L’Everest fond sous la pression de milliers d’urines d’alpinistes

Une nouvelle étude scientifique révèle que les milliers d'alpinistes et guides affluant au camp de base de l'Everest produisent quotidiennement plus de 6000 litres d'urine…

Himalaya: L'Everest fond sous la pression de milliers d'urines d'alpinistes

Une nouvelle étude scientifique révèle que les milliers d’alpinistes et guides affluant au camp de base de l’Everest produisent quotidiennement plus de 6000 litres d’urine, contribuant directement à la fonte de près de 154 tonnes de glace par saison sur le glacier du Khumbu, à plus de 5000 mètres d’altitude.

L’affluence record sur le plus haut sommet du monde laisse des traces bien plus lourdes que de simples déchets matériels. Selon des recherches publiées dans la revue scientifique Regional Environmental Change, la présence humaine croissante et la concentration de touristes au camp de base népalais génèrent une pression thermique alarmante sur l’environnement himalayen, comme le rapporte le site d’actualités Yahoo Actualités.

L’impact thermique de l’urine au camp de base du Khumbu

Pour contrer les risques de déshydratation en haute altitude, les visiteurs et leurs guides consomment quotidiennement entre trois et cinq litres d’eau chacun. Cette hydratation massive se traduit par un volume considérable de rejets liquides évalué à plus de 6000 litres par jour pour une communauté d’environ 2000 personnes séjournant sur place durant une période de 50 jours, d’après les données relayées par <a href="https://www.linternaute.com/actualite/id/11284980-article/Sur l’Everest, l’urine des touristes a fait fondre 154-tonnes-de-glace-selon-des-estimations-scientifiques »>le média Linternaute.

Éjecté à la température corporelle d’environ 37 degrés Celsius, ce liquide chaud libère son énergie thermique directement sur le glacier du Khumbu, dont la glace demeure constamment sous la barre des 0 °C.

Bien que la gestion des déjections solides se soit améliorée grâce à la collecte centralisée dans des latrines évacuées vers la vallée, une partie des déchets liquides continue d’être rejetée directement sur le glacier, qui sert pourtant de source d’eau potable aux populations locales, souligne le journal Le Matin.

Le confort moderne et la consommation massive d’énergie fossile

Si l’impact de l’urine interpelle, il s’inscrit dans un contexte plus vaste de surconsommation énergétique. Le camp de base, jadis sommaire, s’est transformé en un village doté d’infrastructures sophistiquées comprenant des douches chaudes, des connexions Wi-Fi, des téléviseurs, des machines à espresso et parfois même du chauffage au sol sous les tentes, d’après les observations du New York Times reprises par le site d’information 20 Minutes.

Himalaya: L'Everest fond sous la pression de milliers d'urines d'alpinistes
Photo: CNews
Himalaya: L'Everest fond sous la pression de milliers d'urines d'alpinistes
Photo: 20 Minuten

Pour alimenter ces équipements et subvenir aux besoins logistiques des quelque 1600 tentes dressées, les rapports d’activité du Sagarmatha Pollution Control Committee indiquent qu’une saison d’ascension mobilise des ressources considérables. Les chiffres compilés par la rédaction de Yahoo Actualités font état de l’utilisation de 824 bonbonnes de gaz de pétrole liquéfié, de près de 19 000 litres de kérosène et de plus de 5130 litres d’essence.

La chaleur dégagée par la cuisson, le chauffage et les groupes électrogènes se diffuse dans le sol gelé. Selon les estimations globales des chercheurs rapportées par <a href="https://www.linternaute.com/actualite/id/11284980-article/Sur l’Everest, l’urine des touristes a fait fondre 154-tonnes-de-glace-selon-des-estimations-scientifiques »>Linternaute, l’impact thermique cumulé de cette logistique touristique accélère la fonte de près de 2 492 tonnes de glace et de neige par saison.

Sécurité compromise et pistes de relocalisation pour les autorités

Au-delà de la dégradation environnementale, la perte de volume visible à l’œil nu fragilise directement la structure physique de la montagne. Peter Hackett, chercheur interrogé par le New York Times et cité par 20 Minutes, avertit que l’amincissement de la glace déstabilise la cascade de glace du Khumbu et les séracs, augmentant considérablement le risque d’avalanches sur les voies d’accès.

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Photo: Lematin

Cette instabilité s’est particulièrement manifestée en 2026, ralentissant les passages vers le camp 1 et prolongeant les séjours des équipes au camp de base, ce qui accentue mécaniquement l’accumulation des déchets, note Le Matin. Face à ces risques croissants d’inondations liés au remplissage des lacs glaciaires et à la multiplication des incidents sur les sommets himalayens, les autorités népalaises examinent l’option de déplacer le camp de base vers des zones rocheuses exemptes de glace pour préserver l’avenir de la discipline.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.