Un nouveau témoignage publié par Paris Match relance l’affaire Patrick Bruel. L’ex-mari d’une plaignante relate une scène du 22 avril 2010 à Bruxelles, où le chanteur, mis en examen pour tentative de viol, aurait fait des avances équivoques à l’attachée de presse en présence de son époux.
Un déplacement promotionnel à Bruxelles qui bascule en 2010
L’affaire s’enrichit de nouveaux éléments à charge. Visé par une trentaine de plaintes pour viols et agressions sexuelles, Patrick Bruel fait face aux révélations de Patrick Tamine, l’ex-mari de Karine Viseur. Cette dernière, attachée de presse travaillant alors autour de la sortie du film Comme les cinq doigts de la main réalisé par Alexandre Arcady, dans lequel joue le chanteur, accompagnait l’artiste dans le cadre de sa tournée promotionnelle le 22 avril 2010. Cette journée était particulièrement chargée, rythmée par plusieurs rendez-vous avec les médias, une avant-première et un passage par la RTBF.
Ce jour-là, le chauffeur initial ayant fait faux bond la veille au soir en prévenant qu’il était malade et ne serait pas là le lendemain, Patrick Tamine accepte de prendre un congé pour assurer le transport de l’équipe face à cette urgence, étant donné qu’à l’époque il n’y avait pas les réseaux sociaux, Uber ou Blablacar pour trouver quelqu’un en quelques heures. Dès neuf heures du matin, le véhicule quitte la gare du Midi avec à son bord le chanteur installé à l’avant, l’attachée de presse et deux autres membres de l’équipe du film à l’arrière, tandis que le réalisateur Alexandre Arcady part avec un des producteurs dans une autre voiture car la sienne ne peut charger que cinq personnes.
Les propos tenus dans le véhicule et la réaction des passagers
La tension s’installe dès les premiers kilomètres. En quête de l’adresse du premier rendez-vous de la journée chez Ciné-Télé-Revue, le chauffeur de dépannage doit expliquer son rôle improvisé car il ne sait pas où c’est et a besoin d’une adresse, ce qui irrite manifestement l’artiste qui doit penser qu’on lui a mis un débutant. Une ou deux minutes plus tard, selon le témoignage recueilli par l’hebdomadaire, le chanteur prononce une phrase lourde de sens : Karine, tout à l’heure, quand on ira à l’hôtel, on peut peut-être en profiter pour s’amuser un peu
.

La gêne est immédiate dans l’automobile. L’un des passagers installés à l’arrière intervient aussitôt pour recadrer l’artiste en disant Patrick, vas-y mollo
et en lui rappelant au passage que le mari de Karine se trouve au volant. Face à cette remarque, le chanteur rétorque de manière directe : Oui, enfin, je ne te parle pas de faire un beau mariage, je te parle de deux adultes qui s’amusent
.
Une telle attitude amène l’ancien conjoint à porter un regard acerbe sur cet épisode, qualifiant rétrospectivement la scène d’une formule percutante rapportée par la presse : Donc… Il a pris la voiture pour un club échangiste ! Je suis très heureux que la personne du film ait pris la parole parce que ça a mis fin au cinéma de Bruel
.
Entre sentiment de culpabilité et volonté d’obtenir justice
À l’époque des faits, l’attachée de presse choisit de ne rien divulguer sur le moment, et ce n’est qu’en 2026 qu’il découvre son témoignage rapporté à la RTBF. Son ex-époux avoue n’avoir été d’aucun soutien pour elle et exprime aujourd’hui des remords profonds et sa volonté d’être entendu par la justice.

« Avec tout ce que je sais et tout ce que j’ai vu après, je me demande si ce n’était pas déjà une manipulation pour l’affaiblir et pour qu’elle se sente redevable, quelque part. Ma grosse, mon énorme frustration, c’est que je n’ai été d’aucun soutien pour elle », confie Patrick Tamine.
Désormais, l’ancien époux de Karine Viseur souhaite témoigner de cette journée du 22 avril 2010, ses remords et ses regrets de n’avoir pas pu défendre son ex-épouse, tout en réaffirmant sa volonté d’être entendu par la justice dans ce dossier pour lequel le chanteur est mis en examen pour tentative de viol.