Home DivertissementHis research on autism was compassionate – how could Hans Asperger have collaborated with the Nazis? | Fiction

His research on autism was compassionate – how could Hans Asperger have collaborated with the Nazis? | Fiction

by Antoine Girard

La figure du docteur Hans Asperger, pionnier dans la description du syndrome qui porte son nom, est remise en question par une enquête historique révélant son implication dans le programme d’euthanasie infantile du régime nazi. Un roman récent explore les zones d’ombre de cette époque et les compromissions auxquelles ont pu conduire les circonstances.

L’intérêt pour Hans Asperger, qui a travaillé à l’hôpital pédiatrique de l’université de Vienne pendant la Seconde Guerre mondiale, a été ravivé par deux ouvrages de référence : NeuroTribes : L’héritage de l’autisme et comment mieux comprendre les personnes qui pensent différemment de Steve Silberman et Dans un autre monde : L’histoire de l’autisme de John Donvan et Caren Zucker. Pourtant, ces deux analyses peignaient des portraits radicalement opposés. Silberman voyait en Asperger un penseur original et compatissant, tandis que Donvan et Zucker le dépeignaient comme un fervent partisan d’Hitler. Cette divergence a constitué un point de départ fascinant pour l’écrivaine Alice Jolly.

Asperger a acquis une certaine notoriété grâce à une thèse qu’il a rédigée pendant la guerre, décrivant ce que l’on reconnaîtrait plus tard comme le trouble du spectre autistique (TSA). Ce travail, resté obscur pendant des décennies, a été redécouvert en 1980 par la psychiatre britannique Lorna Wing. Asperger a été ensuite considéré, à titre posthume, comme l’un des « pères de la neurodiversité ». Cependant, les recherches menées sur son travail et celui de ses collègues à l’hôpital viennois ont révélé une approche novatrice, qui interrogeait la frontière entre maladie et différence, privilégiant une prise en charge individualisée et une éducation adaptée, axée sur le potentiel de chaque enfant.

L’enquête historique a pris un tournant décisif lorsque le professeur Herwig Czech de l’université de Vienne a publié des preuves accablantes. Il a démontré qu’Asperger avait signé des documents autorisant le transfert d’enfants vers Am Spiegelgrund, une unité psychiatrique pédiatrique tristement célèbre pour les nombreux décès qui y ont eu lieu. Selon Czech, Asperger devait être conscient que ces transferts équivalaient à un arrêt de mort.

La publication de cette étude a suscité une vive réaction sur les réseaux sociaux, avec une vague d’indignation et de condamnations immédiates. Alice Jolly a été frappée par la simplification excessive des débats en ligne, où peu de personnes semblaient avoir pris connaissance de l’analyse nuancée de Czech, qui d’ailleurs disculpait Asperger de certaines accusations plus graves.

« Ce qu’a fait Asperger est indéfendable », reconnaît l’écrivaine. « Mais pourquoi si peu de gens ont-ils cherché à comprendre le contexte ? » Elle a ressenti le besoin de raconter les histoires de ceux qui n’étaient pas des héros, de ceux qui ont été pris dans des situations complexes et ont fait des choix difficiles. Elle cite une phrase qui l’a particulièrement marquée : « Connaître tout, c’est pardonner tout », tout en soulignant que comprendre ne signifie pas nécessairement absoudre.

Alice Jolly s’est inspirée des témoignages des collègues d’Asperger, notamment celui du docteur Josef Feldner, qui a caché un jeune homme juif en le présentant comme son neveu. Asperger était au courant de la véritable identité de ce « neveu », mais est resté silencieux.

L’écrivaine conclut qu’Asperger était à la fois un criminel et un pionnier dans son domaine. Elle estime qu’il est temps de dépasser les récits simplistes qui nous rassurent sur notre propre bonté et d’affronter les aspects sombres de l’histoire humaine, ainsi que les dilemmes moraux auxquels les individus peuvent être confrontés dans des circonstances extrêmes.

Son roman, La Fille aux Allumettes, explore ces complexités à travers le regard d’Adelheid Brunner, une jeune fille de 12 ans, patiente d’Asperger, dont le récit, parfois précis, parfois fantaisiste, offre une perspective unique sur les événements qui se sont déroulés à l’hôpital viennois.

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