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Hope, heart and home leads at the National Indigenous Art Triennial: ‘We are going through a stage of enlightenment’ | National Gallery of Australia

Une maison construite de ses propres mains par le célèbre artiste aborigène Albert Namatjira dans les années 1940, sur les rives de la Lhara Pinta (rivière Finke) en Australie centrale, est désormais au cœur d’une exposition à la…

Hope, heart and home leads at the National Indigenous Art Triennial: ‘We are going through a stage of enlightenment’ | National Gallery of Australia

Une maison construite de ses propres mains par le célèbre artiste aborigène Albert Namatjira dans les années 1940, sur les rives de la Lhara Pinta (rivière Finke) en Australie centrale, est désormais au cœur d’une exposition à la Galerie nationale d’Australie. Cette redécouverte, saluée par l’artiste Tony Albert, témoigne d’un héritage artistique et culturel puissant, et d’une résilience face aux obstacles historiques.

La modeste demeure de deux pièces, bâtie en grès et en chaux avec un toit en fer, où Namatjira vécut jusqu’en 1950, a été recréée presque à l’échelle en vitraux multicolores. Cette installation spectaculaire, présentée dans le cadre de la 5e Triennale nationale d’art autochtone, est l’œuvre d’une collaboration entre Canberra Glassworks et le Iltja Ntjarra Art Centre de Mparntwe/Alice Springs.

« Cette maison est le cœur et l’âme de l’exposition », a déclaré Tony Albert, commissaire de la triennale, en décrivant l’œuvre comme « illuminée de l’intérieur, presque comme un souffle ou un battement de cœur ». Il souligne l’importance de reconnaître cette maison, comparant l’expérience à celle de visiter la Casa Azul de Frida Kahlo à Mexico.

L’histoire de Namatjira est marquée par une ironie amère. Bien qu’autorisé à construire sa maison sur ses terres ancestrales à Ntaria/Hermannsburg, ses demandes ultérieures d’acquisition d’une concession d’élevage dans le Territoire du Nord et de construction d’une maison à Alice Springs lui ont été refusées en raison de son origine aborigène.

Au-delà de la reconstitution de la maison, la triennale met en lumière le travail de 57 artistes issus de la famille et de la communauté de Namatjira. Les Hermannsburg Potters ont notamment recréé des objets personnels de l’artiste – ses bottes, ses pinceaux, son chevalet, ses lettres manuscrites – en argile peinte, offrant un aperçu intime de sa vie quotidienne.

Cette renaissance culturelle et politique résonne particulièrement après le rejet du référendum sur la voix autochtone au Parlement. L’artiste Gumbaynggirr Aretha Brown, l’une des plus jeunes participantes à la triennale, exprime un sentiment partagé : « On a l’impression que tout a brûlé après le référendum, mais maintenant, les graines vont repousser, plus fortes et plus vertes. » Sa fresque monumentale en noir et blanc, retraçant l’histoire de l’Australie depuis l’arrivée des navires britanniques à la fin du XVIIIe siècle jusqu’au référendum de 2023, accueille les visiteurs.

Vincent Namatjira, arrière-petit-fils d’Albert Namatjira et premier artiste autochtone à remporter le prix Archibald, a peint 15 portraits individuels des artistes de la triennale, ainsi qu’un grand tableau de son célèbre ancêtre, vêtu d’une robe et d’une couronne surmontée du drapeau aborigène.

Tony Albert a interpellé la direction de la Galerie nationale d’Australie sur la périodicité de la triennale, qui était initialement prévue tous les trois ans, mais s’est espacée. Nick Mitzevich, le directeur de la galerie, s’est engagé à tenir la triennale tous les trois ans, une promesse initialement retardée par la pandémie de Covid-19.

Le thème de cette cinquième édition, « Après la pluie », a été choisi pour sa dimension poétique, permettant aux artistes d’explorer une gamme d’émotions allant de l’optimisme à la reconnaissance des ravages et du chaos que peut engendrer la pluie. L’artiste Kuz/Peiudu Jimmy John Thaiday présente une vidéo poignante sur les changements imprévisibles des marées et la menace d’érosion qui pèse sur les îles du détroit de Torres, tandis que l’artiste Kamilaroi Warraba Weatherall explore le lien entre la destruction de l’environnement et la suppression des savoirs traditionnels à travers une installation troublante.

L’œuvre de Weatherall, intitulée « Langue maternelle », met en parallèle l’anatomie d’un arbre et celle d’un être humain, soulignant la richesse et la complexité des connaissances ancestrales. « La peau est yulay, et l’écorce est le même mot », explique-t-il, tout en reconnaissant la fragilité de ces savoirs face aux interprétations linguistiques.

La triennale met également en avant les héritages familiaux et culturels. Thea Anamara Perkins, petite-fille de l’activiste Charles Perkins, a créé des portraits intimes de sa famille, perpétuant ainsi l’engagement de ses ancêtres en faveur de la justice sociale. De son côté, l’artiste Dylan Mooney, qui a grandi en apprenant les histoires de ses ancêtres Yuwi et des îles du détroit de Torres, célèbre l’amour queer à travers des bannières colorées ancrées dans le paysage australien.

Mooney rend hommage à Destiny Deacon, une pionnière du mouvement queer aborigène, dont l’œuvre a ouvert la voie à une nouvelle génération d’artistes. Il perçoit un intérêt croissant pour l’art autochtone australien à l’échelle mondiale, et espère pouvoir transmettre son expérience aux jeunes artistes queer aborigènes.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.