Une roquette balistique et des drones ont visé Riyad et des installations pétrolières à Yanbu samedi 19 septembre 2026. L’attaque, revendiquée par les rebelles houthis au Yémen, a entraîné des perturbations majeures à l’aéroport international de la capitale saoudienne, sur fond de flambée régionale des tensions.
La capitale saoudienne a connu des moments de forte tension samedi matin après que des alertes aériennes ont retenti pour la première fois depuis la recrudescence des hostilités en juillet. Des résidents de Riyad ont témoigné avoir entendu des explosions et ressenti des secousses dans leurs habitations, tandis qu’un nuage de fumée noire s’élevait à proximité de la plateforme aéroportuaire. Le site de suivi des vols FlightRadar24 a signalé de graves perturbations, classant l’aéroport international King Khalid dans son indice de perturbation maximal avant qu’un trafic normal ne commence à reprendre, selon les informations rapportées par l’organisme de presse irlandais RTE.
Revendication officielle des Houthis et frappes sur Yanbu
Le mouvement houthi a rapidement officialisé son implication à travers une communication de son porte-parole militaire, Yahya Saree. Ce dernier a affirmé sur les réseaux sociaux et des applications de messagerie que le groupe armé avait mené deux opérations distinctes en riposte aux tentatives de frappe menées contre la capitale yéménite Sanaa.
In response to the Saudi enemy’s criminal attempts to target the capital Sanaa…
La première vague a touché des sites sensibles à Riyad, tandis que la seconde a pris pour cible des installations de la compagnie pétrolière géante Saudi Aramco situées dans la ville côtière de Yanbu, sur la mer Rouge. Un journaliste présent sur place a notamment pu observer des sapeurs-pompiers éteindre un incendie sur un réservoir de carburant arborant le logo de la firme, implanté au sein d’un dépôt pétrolier proche de l’aéroport, d’après les précisions de RTE.
La riposte de la coalition et l’élargissement du front aérien
Du côté de la coalition dirigée par Riyad, un porte-parole officiel a indiqué que la roquette balistique tirée vers Riyad à l’aube avait été interceptée et détruite avant d’atteindre sa cible. Les batteries de défense anti-aérienne de la monarchie du Golfe ont également neutralisé plusieurs autres tentatives hostiles visant la population civile et les infrastructures dans différentes localités du royaume.

Ces événements surviennent dans un contexte d’escalade continue. Quelques jours plus tôt, les autorités saoudiennes avaient accusé les insurgés d’avoir pris pour cible la ville sainte de La Mecque, une allégation vigoureusement démentie par les rebelles qui l’ont qualifiée de mensonge éculé.
Crise humanitaire et impasses diplomatiques
La reprise des hostilités à grande échelle fait suite à l’effondrement, en juillet, d’une trêve fragile instaurée en 2022. Les récents combats menés par les Houthis pour s’emparer de l’ensemble de la côte de la mer Rouge et du détroit stratégique de Bab el-Mandeb ont provoqué des déplacements massifs de population. Les données publiées par les Nations unies et relayées par les sources indiquent que les affrontements récents ont jeté sur les routes plus de 112 000 personnes déplacées, tandis que près de 3 000 autres ont cherché refuge en traversant la mer pour rejoindre Djibouti.

Cette situation s’inscrit dans une dynamique géopolitique plus large, marquée par des tensions persistantes entre Washington et l’Iran.
Alors que les belligérants maintiennent leurs positions respectives sur le terrain, le bilan humain continue de s’alourdir de part et d’autre de la ligne de front, sans qu’aucun calendrier précis de sortie de crise ne se dégage à court terme.