L’équipe d’Australie féminine de cricket a puisé dans ses ressources mentales et émotionnelles pour remporter la Coupe du Monde T20, après avoir frôlé l’élimination en début de tournoi. Un appel à l’authenticité lancé par Ellyse Perry s’est révélé déterminant pour inverser la tendance, selon le sélectionneur national Matthew Mott.
Le sacre australien a été célébré lors d’une soirée mémorable au MCG, où Meg Lanning et ses coéquipières ont battu l’Inde devant plus de 86 000 spectateurs. Mott a révélé que, malgré une préparation minutieuse, la pression du statut de favorites avait pesé lourdement sur les épaules de ses joueuses.
« Nous avions besoin de retrouver notre âme en tant qu’équipe », a confié Perry lors d’une réunion d’équipe organisée après un début de tournoi difficile. L’Australie avait notamment été nerveuse lors de son match d’ouverture contre l’Inde et s’était retrouvée au bord de l’élimination face au Sri Lanka à Perth. C’est après la victoire acquise grâce au partenariat entre Lanning et sa vice-capitaine Rachael Haynes que les joueuses ont décidé de prendre les choses en main.
« Les joueuses ont admis être nerveuses, ne pas jouer comme à leur habitude, et se sentir obligées de faire certaines choses », a expliqué Mott. « Ellyse Perry a souligné la nécessité de se soutenir mutuellement, d’afficher plus ouvertement son encouragement, par exemple avec un poing levé après un bon coup. Si l’on compare nos deux premiers matchs aux derniers, on a clairement vu une plus grande appréciation du jeu en duo, et je pense que cela a été essentiel. »
Cette prise de conscience a permis aux Australiennes de jouer plus librement, comme l’ont démontré leurs victoires suivantes contre le Bangladesh, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud, sous les averses de Sydney, et enfin contre l’Inde en finale. Perry, malheureusement blessée à la cuisse, n’a pas pu participer aux deux derniers matchs, mais son expérience et sa sagesse ont continué d’influencer l’équipe jusqu’à la fin.
« Nous en avions beaucoup parlé avant le tournoi », a précisé Mott. « La force de cette équipe était sa capacité à reconnaître ses erreurs et à réagir. Nous étions nerveuses, moi le premier, et la pression était énorme. Jouer au MCG était une opportunité unique, non seulement pour le cricket, mais aussi pour le sport féminin. Il y avait donc un poids important à porter. »
« C’est après Perth, et le partenariat entre Rach [Haynes] et Meg [Lanning], que nous avons vraiment commencé à nous entraider », a-t-il ajouté. « On peut toujours se dire que la finale était un match formidable, mais nous n’aurions pas été là sans ce partenariat, qui a changé toute notre philosophie pour le reste du tournoi. C’était un déclic : si nous continuions à jouer avec peur et timidité, nous obtiendrions ces résultats. J’ai donc été très satisfait de voir le groupe de batteuses se mobiliser et former une unité, en décidant de tout donner, quoi qu’il arrive. »
Mott a également évoqué les similitudes entre le parcours de l’équipe australienne féminine, qui cherchait à remporter une Coupe du Monde à domicile, et celui de l’équipe masculine anglaise, qui tentait de gagner son premier tournoi mondial sur son sol en 2019. « L’Angleterre, après sa déception en 2015, a essayé de changer son approche et de prendre des risques », a-t-il souligné. « Cela n’a pas toujours fonctionné, et les résultats sont toujours jugés, mais si vous restez fidèles à votre philosophie, comme l’a fait Alyssa Healy, cela peut être récompensé. »