Une bataille juridique s’est achevée concernant le film The Lost King, qui retrace l’histoire de Philippa Langley, la femme à l’origine de la découverte des restes de Richard III, dernier roi de la dynastie Plantagenêt. L’affaire met en lumière les tensions entre Langley et l’Université de Leicester, ainsi que les questions de reconnaissance et de représentation dans le récit de cette découverte historique.
Il y a environ 15 ans, Philippa Langley s’est lancée dans une quête considérée par beaucoup comme impossible : retrouver les restes de Richard III, disparus depuis plus de 500 ans. Malgré le scepticisme général et son statut d’amateur sans diplôme universitaire, elle a mené des recherches méticuleuses, guidée par une conviction profonde. Sa persévérance a fini par payer, mais le succès initial a été marqué par un manque de reconnaissance de son rôle.
L’acteur et scénariste Steve Coogan, qui a coécrit et joué dans The Lost King, a été frappé par le contraste entre l’histoire qu’il avait lue dans les journaux et celle qu’il a découverte en regardant le documentaire de Channel 4, The King in the Car Park. Il a alors rencontré Philippa Langley, dont la santé fragile l’a empêchée de témoigner lors du procès concernant la représentation de Richard Taylor, un ancien registraire de l’Université de Leicester, dans le film.
Le film dépeint Richard Buckley, le responsable de l’équipe archéologique, comme un soutien initial à Langley, mais dont l’intégrité est remise en question. John Langley, l’ex-mari de Philippa, interprété par Coogan, est présenté comme loyal mais parfois impatient face à l’obsession de sa femme. Le film aborde également la maladie de Philippa, le syndrome d’encéphalomyélite myalgique (SEMC), ou syndrome de fatigue chronique, dont elle a toujours ouvertement parlé.
L’Université de Leicester souhaitait que le film soit modifié ou retiré, mais Coogan et son équipe ont refusé. Ils ont finalement accepté un accord qui inclut une clarification dans le générique de début précisant que le personnage de Richard Taylor dans le film est fictif et ne correspond pas à la personne réelle, qui, selon la mention, « a toujours agi avec intégrité ». Coogan a noté que le site web de l’Université de Leicester publie l’intégralité de la déclaration de Richard Taylor, mais pas les siennes.
Coogan souligne le rôle crucial de Philippa Langley dans la découverte : elle a initié la recherche, déterminé l’emplacement précis dans le parking des services sociaux, levé des fonds lorsque le projet était menacé et insisté pour l’excavation des os de la jambe qui ont révélé des anomalies de la colonne vertébrale et des blessures à la tête correspondant aux descriptions historiques des blessures de Richard III subies à la bataille de Bosworth.
« Il est certain que si Philippa avait été salariée par l’Université de Leicester, elle aurait été au centre de toutes leurs annonces », a déclaré Coogan. Il critique le fait que l’Université ait continué à la qualifier d’« amateur », soulignant l’ironie de la situation. Richard Taylor a suggéré qu’une enquête soit menée, ce que Coogan accueille favorablement, afin d’examiner en détail le comportement de Taylor et de l’Université de Leicester pendant cette période tumultueuse.
Coogan conclut en affirmant que l’objectif du film était simplement de donner une voix à Philippa Langley et de célébrer son exploit. Il compare la situation à un combat entre David et Goliath, où l’Université de Leicester et Richard Taylor représentent Goliath, et Philippa Langley, David.
