L’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’agence américaine chargée de l’application des lois sur l’immigration, renforce discrètement sa surveillance des activités numériques de ses employés. Ce renforcement intervient alors que l’administration américaine intensifie sa lutte contre les fuites et cherche à identifier les fonctionnaires potentiellement dissidents.
Un nouveau contrat de cybersécurité, baptisé « Cyber Defense and Intelligence Support Services », vient d’être renouvelé par l’ICE. Officiellement présenté comme une mesure de sécurité standard visant à protéger les réseaux de l’agence, ce contrat permet en réalité une collecte et une analyse plus poussées des données numériques des employés, à des fins d’enquêtes internes et d’application de la loi.
Les documents contractuels révèlent que l’ICE souhaite améliorer la collecte de journaux numériques et de données provenant des appareils utilisés par son personnel. Des outils automatisés seront déployés pour détecter les tendances et les anomalies, et les informations issues de la cybersécurité seront plus étroitement liées aux bureaux d’enquête de l’ICE, afin d’accélérer les procédures disciplinaires.
Au-delà de la simple protection des réseaux, le contrat prévoit une surveillance constante, des alertes automatiques en cas de comportement suspect et une analyse régulière des données extraites des serveurs, des ordinateurs et des appareils mobiles. L’objectif est de pouvoir reconstituer précisément les incidents, que ce soit pour des audits de sécurité ou des enquêtes formelles.
La gestion de ce dispositif incombe au bureau du directeur de l’information de l’ICE, mais le contrat est conçu pour faciliter le partage d’informations entre les différents services de l’agence. Les découvertes en matière de cybersécurité seront notamment transmises aux unités d’enquête et de surveillance, ainsi qu’au Bureau de la responsabilité professionnelle de l’ICE, chargé des fautes professionnelles des employés.
Cette intensification de la surveillance interne coïncide avec une période de tensions au sein de l’administration américaine. L’administration précédente a ouvertement considéré la dissidence au sein des agences fédérales comme une menace, et a cherché à identifier et à limoger les fonctionnaires de carrière considérés comme idéologiquement opposés à ses politiques, en particulier dans les domaines de la sécurité nationale et de l’application de la loi.
Depuis son retour au pouvoir, l’administration a explicitement mis en avant la loyauté comme critère de maintien en fonction, au détriment de considérations liées à la compétence professionnelle ou à des actes de malversation. Le désaccord politique avec les objectifs du président est désormais invoqué comme motif de licenciement.
L’ICE n’a pas répondu aux sollicitations de la presse concernant ce contrat.
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