Les électeurs islandais se prononcent ce samedi sur la relance des négociations d’adhésion à l’Union européenne. Ce scrutin intervient dans un climat d’incertitude géopolitique accru, marqué par les inquiétudes suscitées par l’administration américaine et la question centrale de la souveraineté sur les ressources naturelles du pays.
Un débat national entre intégration européenne et défense des ressources
De l’autre côté, Guðrún Hafsteinsdóttir a tenu à clarifier que le scrutin ne portait pas sur la coopération avec le continent, affirmant que les Islandais le font déjà et que cela doit continuer. En revanche, elle a présenté la consultation comme un choix décisif sur le transfert des pouvoirs de décision à Bruxelles en matière de pêche, d’agriculture et de gestion des ressources naturelles.
L’ombre des États-Unis et la quête de sécurité géopolitique
Souveraineté et identité face au défi de la pêche
L’Islande, qui compte 400 000 habitants et est membre de l’OTAN, participe déjà au marché unique européen et à l’espace Schengen tout en maintenant sa monnaie et son autonomie. Pour les partisans du statu quo, la préservation de cette indépendance acquise face au Danemark en 1944 reste primordiale.

À l’inverse, les partisans d’un rapprochement estiment que l’isolement expose le pays aux turbulences mondiales. La ministre des Affaires étrangères et de la Défense Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir rapporte que ses homologues de petits pays membres comme l’Irlande, la Finlande ou le Luxembourg lui confient que l’adhésion les a rendus plus forts.
Au cœur des négociations potentielles se trouve la question de la pêche, un pilier historique et culturel de l’île depuis l’époque des guerres de la morue menées contre la Grande-Bretagne dans les années 1970. L’éventuelle soumission aux règles de la politique commune de la pêche européenne, ouvrant potentiellement l’accès aux chalutiers espagnols et néerlandais, demeure un point de friction majeur.
Un processus d’adhésion aux contours déjà tracés
Le pays avait déjà déposé une demande d’adhésion en 2009 à la suite de l’effondrement de son secteur bancaire lors de la crise financière mondiale, avant que les discussions ne soient suspendues en 2013 puis formellement enterrées en 2015. Aujourd’hui, la question posée aux électeurs est simple : l’Islande doit-elle reprendre les négociations d’adhésion avec l’Union européenne ?

Si les électeurs rejettent le projet, la question sera définitivement close. En cas de victoire du « Oui », le processus d’évaluation s’ouvrira auprès de la Commission européenne sur trente-cinq chapitres sectoriels. L’ancienne commissaire européenne à l’Élargissement Marta Kos a indiqué que les discussions pourraient progresser rapidement, l’Islande appliquant déjà les normes du marché unique.