Publié le 15 novembre 2025 à 08h57. L’industrie manufacturière occidentale est confrontée à une pénurie alarmante de main-d’œuvre qualifiée, menaçant les investissements massifs et la réindustrialisation tant prônée. Le manque de formation adéquate et le vieillissement de la population aggravent la situation, obligeant les entreprises à revoir leurs politiques salariales et à investir massivement dans la formation professionnelle.
- Le PDG de Ford, Jim Farley, révèle que son entreprise a 5 000 postes de mécanicien vacants, malgré des salaires attractifs (120 000 $ par an).
- Le problème de la pénurie de talents est mondial et touche tous les secteurs, des services d’urgence au transport en passant par l’industrie.
- La formation professionnelle apparaît comme la solution clé, avec un regain d’intérêt en Espagne grâce à des politiques d’investissement et à l’implication des entreprises.
La réindustrialisation, un temps slogan de campagne, se heurte à un obstacle majeur : le manque de personnel qualifié. Alors que des milliards de dollars sont investis dans la construction de nouvelles usines, notamment dans le secteur des semi-conducteurs, les entreprises peinent à trouver les employés nécessaires pour les faire fonctionner. Jim Farley, PDG de Ford, a souligné l’ampleur du problème lors d’une interview pour le podcast Heures de bureau : édition professionnelle :
« Nous avons 5 000 postes de mécanicien vacants. Un atelier avec un ascenseur et des outils, et personne pour y travailler. Ils en facturent 120 000 par an, mais il faut cinq ans pour apprendre à le faire. »
Jim Farley, PDG de Ford
Ce manque de formation est identifié comme le principal point faible de la chaîne de production, non seulement pour Ford, mais pour l’ensemble du secteur industriel.
Cette crise des talents n’est pas un phénomène isolé. Aux États-Unis, selon les données du Bureau of Labor Statistics, près de 500 000 emplois restent vacants dans le secteur manufacturier, malgré un taux de chômage de 4,3 %. Cela indique que le problème ne se limite pas à un manque de candidats, mais à un décalage entre les compétences disponibles et les besoins des entreprises. La situation est similaire en Espagne, où la Fondation BBVA estime que l’industrie manufacturière a perdu un quart de ses emplois depuis le début du siècle et compte actuellement 100 000 postes vacants, alors que le pays compte 2 613 200 chômeurs, selon les données de l’EPA du troisième trimestre 2025.
Le vieillissement de la population constitue un facteur aggravant. De nombreux travailleurs expérimentés prennent leur retraite et il n’y a pas suffisamment de jeunes formés pour les remplacer. Ce problème touche tous les secteurs, tant dans le secteur public que privé. Jim Farley a déploré :
« Nous avons plus d’un million de postes vacants dans des emplois critiques : services d’urgence, camionnage, ouvriers d’usine, plombiers, électriciens et métiers techniques. C’est très grave. »
Jim Farley, PDG de Ford
Face à cette situation, l’investissement dans la formation professionnelle apparaît comme une nécessité. En Espagne, la formation professionnelle a connu un regain d’intérêt grâce à des politiques d’investissement, une offre de formation plus large et l’implication des entreprises. Selon le rapport ‘Infoempleo Adecco 2024‘, 46,96 % des offres d’emploi publiées au cours de la dernière année exigeaient un diplôme de formation professionnelle. Le Rapport de l’étudiant en FP du Ministère de l’Éducation, de la Formation Professionnelle et des Sports révèle qu’1 085 259 étudiants étaient inscrits dans des diplômes de Formation Professionnelle au cours de l’année académique 2022-2023, soit une augmentation de 32,6 % par rapport aux cinq dernières années.
Pour attirer une main-d’œuvre qualifiée, Ford a adopté une stratégie inspirée de son fondateur, Henry Ford, en 1914 : augmenter les salaires. Jim Farley a ainsi annoncé avoir porté le salaire de ses mécaniciens à 120 000 $ par an, suite aux remontées de ses employés qui lui ont fait remarquer que les jeunes ne souhaitaient pas travailler pour 17 $ de l’heure. La solution, selon Joe Biden, est simple :
« Payez-les plus. »
Joe Biden, Président des États-Unis
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