Publié le 6 novembre 2025. Une série d’incendies criminels ayant semé la terreur dans les villes de Daegu et de Gyeongsan a pris fin avec l’arrestation d’une mère et de son fils, révélant un modus operandi glaçant et des motivations complexes.
- Le 6 novembre 2004, la police coréenne arrête une mère et son fils, responsables d’une vague d’incendies criminels.
- Les incendies, qui ont causé 600 millions de wons (environ 430 000 euros) de dégâts, ciblaient principalement des habitations occupées par des personnes âgées ou vivant seules.
- L’enquête révèle que les criminels cambriolaient les maisons avant de les incendier, et que leur situation sociale précaire a pu jouer un rôle dans leurs actes.
En novembre 2004, la région de Daegu et ses environs étaient en proie à une série d’incendies d’origine criminelle. Ces incendies, qui se déclaraient généralement en matinée lorsque les occupants étaient absents, laissaient derrière eux des traces de pillage et de destruction. Les forces de l’ordre ont rapidement constaté que les maisons visées étaient souvent occupées par des personnes vulnérables, des personnes âgées ou vivant seules, et que les auteurs semblaient connaître les habitudes de leurs victimes.
Les enquêteurs ont rapidement identifié un schéma récurrent : des vêtements brûlés retrouvés dans les chambres et les salons, des ustensiles de cuisine éparpillés, et parfois même des traces de défécation sur les lieux. Initialement attribués à des courts-circuits, les incendies ont rapidement été suspectés d’être d’origine criminelle, notamment en raison de portes forcées et de la disparition d’objets de valeur. Au total, 24 incendies ont été recensés entre juin et octobre, causant des dommages estimés à 600 millions de wons (environ 430 000 euros).
L’enquête a révélé que les auteurs ciblaient des maisons dont les propriétaires avaient affiché des annonces de vente immobilière ou avaient reçu des visites de potentiels acheteurs. Ils profitaient de ces occasions pour cambrioler les habitations avant de les incendier, probablement pour effacer les preuves de leur passage.
Le 6 novembre, la police a interpellé un homme de 24 ans, identifié comme Park, devant une auberge à Hayang-eup, Gyeongsan. Une valise contenant un briquet, de l’huile de cuisson, des bijoux et des objets du quotidien a été découverte en sa possession. L’enquête a rapidement mis en lumière la participation de sa mère, Kim, âgée de 68 ans. Les deux individus ont avoué avoir commis des cambriolages pour survivre, puis avoir déclenché les incendies pour dissimuler leurs crimes.
L’arrestation a été tragique. L’inspecteur Kim Sang-rae, 36 ans, de la police de Daegu, a été mortellement poignardé par Park lors de l’interrogatoire. Malgré ses blessures graves, l’inspecteur Kim a continué à poursuivre le suspect, permettant avec l’aide de ses collègues l’arrestation de la mère et du fils. Kim Sang-rae, père de trois enfants, est devenu un héros local.
L’histoire de cette famille est particulièrement poignante. Kim et Park étaient des personnes « invisibles » aux yeux de l’administration, leur enregistrement de résidence ayant été annulé dans les années 1970. La naissance de Park n’ayant jamais été déclarée, ses empreintes digitales ne figuraient pas dans les bases de données policières. Lors d’une perquisition à leur domicile, la police a découvert deux jeunes frères de Park jouant à des jeux vidéo sur un ordinateur portable volé. Leur père biologique, un ancien policier, ne les avait jamais inscrits à l’état civil, les privant ainsi de tout accès aux services sociaux, à l’éducation et aux soins de santé.
Kim a déclaré avoir travaillé comme infirmière, mais son enregistrement de résidence avait été annulé après avoir quitté son domicile pour des raisons personnelles. Les détails de cette situation restent flous. La famille vivait dans une pièce en demi-sous-sol sans électricité, et leur absence de papiers d’identité les empêchait de trouver un emploi stable.
Selon les experts, les incendies criminels ne peuvent être réduits à une simple tentative de dissimulation de preuves. La colère et la frustration ressenties par ces individus marginalisés, ainsi que leur besoin de se faire reconnaître, ont probablement joué un rôle majeur dans leurs actes. Les objets volés, tels que des cartes d’identité, des timbres et des diplômes, témoignent d’un désir de s’approprier des symboles d’une vie sociale normale à laquelle ils étaient exclus.
Lors du procès, Park a été condamné à la réclusion à perpétuité, tandis que Kim a écopé de 2 ans et 6 mois de prison avec 4 ans de probation. Le tribunal a reconnu les circonstances difficiles dans lesquelles les crimes avaient été commis, mais a souligné la gravité des actes et le danger qu’ils représentaient pour la société. Ironiquement, c’est en prison que Kim et sa famille ont finalement obtenu un enregistrement de résidence et une reconnaissance légale.
Après sa libération, Kim est retournée à Gyeongsan avec ses deux fils, mais a disparu peu de temps après, sans laisser de trace. À ce jour, on ignore où se trouve la famille.