L’exécution prévue de Robert Robertson, condamné à mort au Texas pour le décès de sa fille de deux ans en 2003, suscite une vive controverse. Des associations de défense des droits des personnes autistes plaident pour un sursis, arguant que son diagnostic, non reconnu lors du procès, pourrait avoir influencé le déroulement de la procédure judiciaire.
Robert Robertson doit être exécuté le 16 octobre 2025. La Texas Autism Society et l’Autism Society of America ont adressé une lettre aux autorités texanes, soulignant que l’autisme de Robertson, diagnostiqué ultérieurement, n’a pas été pris en compte lors de son procès. Selon ces organisations, il existe des preuves substantielles suggérant que la mort de Nicky Robertson est due à une maladie, à des prescriptions médicales et à un accident, et non à un acte criminel.
« Nous savons que la science a considérablement progressé en matière de compréhension des troubles du spectre autistique, et que nos connaissances sur l’autisme ont beaucoup évolué », a déclaré Adriana Crostley, de la Texas Autism Society. Elle ajoute que les comportements et les modes d’expression de Robertson, liés à son autisme, n’ont pas été correctement interprétés au moment du procès.
En 2003, Robert Robertson, alors âgé de 58 ans, avait emmené sa fille de deux ans, Nicky, aux urgences en raison d’une forte fièvre. Les médecins avaient diagnostiqué un syndrome du bébé secoué, une forme grave de maltraitance infantile résultant de secousses répétées, pouvant entraîner des lésions cérébrales graves. Le docteur Joseph Varón explique que ce syndrome se manifeste par des mouvements violents qui provoquent des hémorragies.
Les avocats de Robertson contestent ce diagnostic, le qualifiant de « science fallacieuse » et affirmant que Nicky est décédée de causes naturelles, liées à une pneumonie non diagnostiquée. Ils demandent une révision complète de l’affaire. « Il faut déposer un recours en appel, afin que la cour examine tous les arguments », a expliqué l’avocat pénal Demetrio Duarte.
Si l’exécution de Robertson a lieu comme prévu, il s’agirait de la première personne aux États-Unis à être exécutée sur la base d’une condamnation pour syndrome du bébé secoué. Robertson avait jusqu’au 25 septembre pour soumettre une demande de clémence au Conseil des Indults et de la probation de l’État. Cependant, son avocat a indiqué qu’il ne demanderait pas de clémence, car cela entraînerait une peine de prison à vie, et qu’il privilégie une nouvelle procédure judiciaire, réaffirmant l’innocence de son client.
À ce stade, seul le gouverneur du Texas, Greg Abbott, peut suspendre l’exécution de Robert Robertson.
À retenir
- Une exécution controversée est remise en question en raison du diagnostic tardif d’autisme du condamné.
- Des associations estiment que l’autisme de Robert Robertson n’a pas été pris en compte lors de son procès.
- Le sort de Robert Robertson repose désormais entre les mains du gouverneur du Texas.
Contexte
Robert Robertson a été condamné à mort en 2003 pour le décès de sa fille, Nicky, âgée de deux ans. Le diagnostic initial de syndrome du bébé secoué a été contesté par la défense, qui avance l’hypothèse de causes naturelles. L’affaire soulève des questions sur l’impact potentiel des troubles du spectre autistique sur le déroulement des procédures judiciaires.
Ce qui change
L’issue de cette affaire pourrait avoir des implications importantes pour les futures condamnations impliquant des personnes autistes. Une suspension de l’exécution pourrait ouvrir la voie à une révision du procès et à une nouvelle évaluation des preuves.
Prochaines étapes
Il faudra surveiller de près la décision du gouverneur du Texas, Greg Abbott, concernant la demande de sursis. La date limite pour une éventuelle intervention est le 16 octobre 2025.
Chiffres clés
- 2 ans : Âge de Nicky Robertson au moment de son décès.
- 2003 : Année du décès de Nicky Robertson et de la condamnation initiale de Robert Robertson.
- 16 octobre 2025 : Date prévue de l’exécution de Robert Robertson.