Publié le 20 décembre 2025 à 21h43. La nouvelle série policière « All Her Fault », disponible sur SkyShowtime, plonge le spectateur dans une enquête complexe où la disparition d’un enfant révèle les secrets sombres et les dysfonctionnements d’une famille aisée.
Le cauchemar commence pour Marissa (Sarah Snook) lorsqu’elle découvre que son fils de cinq ans, Milo, a peut-être été enlevé. Un retour en arrière la montre arrivant à une maison où Milo aurait dû jouer avec un camarade de classe. Mais c’est une inconnue, et non la mère de l’ami, qui ouvre la porte, ignorant tout de Milo et de sa famille. La vérité glaçante se révèle peu à peu : le petit garçon a été victime d’un enlèvement.
L’enquête révèle rapidement que la famille de Milo est fortunée, manipulant d’importantes sommes d’argent, laissant supposer une demande de rançon. Le père, Peter (Jake Lacy), entretient des relations compliquées avec ses frères et sœurs, mais la famille semble se mobiliser pour retrouver l’enfant. Parallèlement, la meilleure amie et associée de Marissa est une joueuse compulsive, semant le doute sur sa fiabilité. Si l’argent semble au premier abord être le mobile principal, la série prend une tournure inattendue, révélant que les secrets familiaux sont bien plus profonds et sinistres.
Adaptée du roman d’Andrea Mara, la série maintient un suspense constant grâce à une construction narrative habile et des personnages complexes. L’intrigue de l’enlèvement, bien que captivante, n’est pas le point fort de la série, mais plutôt sa capacité à combiner plusieurs thèmes populaires du moment.
« All Her Fault » explore, à l’instar de séries comme « White Lotus » et « Big Little Lies », le bien-être des classes moyennes et supérieures américaines, mettant en lumière les inégalités sociales criantes entre les plus riches et les plus démunis. La série aborde également les difficultés liées à la maternité et l’incompétence masculine, souvent utilisée comme une arme.
L’intrigue dépeint avec justesse les défis de l’éducation des enfants, soulignant que même dans un mariage apparemment épanoui, les responsabilités peuvent être inégalement réparties, surtout lorsque la femme travaille également. L’injustice sociale qui consiste à imposer davantage de responsabilités maternelles, même à une mère aussi occupée que son conjoint, est particulièrement bien rendue.
Au fur et à mesure que l’on découvre les dynamiques du mariage de Marissa et Jenny, cette inégalité devient de plus en plus flagrante. Peter s’avère être un homme contrôlant, dont l’obsession s’étend à son entourage, tandis que le mari de Jenny, Richie, est un adulte immature qui se déresponsabilise de ses obligations professionnelles. Ces personnages peuvent sembler caricaturaux, mais ils reflètent malheureusement des réalités que de nombreuses femmes peuvent reconnaître dans leur propre entourage.
La série ne se limite pas aux problèmes conjugaux, mais contextualise également le jugement social sévère auquel sont confrontées les mères accusées d’avoir « abandonné » leur enfant. L’histoire suggère implicitement que si Marissa n’avait pas été aussi absorbée par son travail, elle n’aurait pas eu besoin d’aide pour s’occuper de ses enfants. De même, si Jenny n’avait pas eu à travailler autant, elle n’aurait pas eu recours à une baby-sitter, qui est désormais suspectée d’avoir enlevé Milo. Ces accusations ne sont jamais formulées explicitement, mais la série saisit parfaitement les subtilités du jugement quotidien.
L’intrigue se déroule sur deux tableaux : l’enquête en temps réel, où la famille tente de retrouver Milo avec l’aide de la police, et des flashbacks qui dévoilent progressivement le passé et les motivations des personnages. À l’exception de Marissa et Jenny, aucun des personnages n’est véritablement sympathique, et tous sont suspects à un moment donné. Leurs personnalités et leurs histoires sont révélées au compte-gouttes, dévoilant des drames familiaux, des addictions et des faiblesses.
Peter semble prendre soin de son jeune frère Brian (Daniel Monks), handicapé suite à un accident d’enfance, un accident que leur sœur Lia (Abby Elliott) s’impute et qui a conduit à des années de toxicomanie et de réhabilitation. Mais il apparaît rapidement que les motivations de Peter ne sont pas aussi altruistes qu’elles y paraissent.
L’ami de Marissa, Colin (Jay Ellis), semble initialement être un personnage positif, jusqu’à ce qu’il soit révélé qu’il a causé de graves problèmes à leur entreprise commune en raison de sa dépendance. La baby-sitter, Ana (Kartiah Vergara), semble être innocente, mais elle cache également des secrets liés à l’enlèvement. Même le détective McConville (Michael Pena), qui apparaît comme un homme honnête, élève un enfant handicapé mental et a des motivations personnelles dans l’affaire, car il a besoin d’argent pour financer les soins de son fils.
Dans les derniers épisodes, les fils narratifs s’emmêlent complètement, laissant le spectateur aussi perplexe que les enquêteurs. Rien ne semble s’emboîter, les meurtres survenus en cours d’enquête sont inexplicables, tout comme l’issue de l’histoire de Milo. Une information cruciale, qui aurait pu permettre de reconstituer le puzzle plus tôt, est gardée secrète jusqu’à l’avant-dernier épisode. Cette révélation tardive permet de conclure l’histoire de manière satisfaisante et équilibrée, en dévoilant des aspects encore plus sombres de l’un des personnages principaux.
« All Her Fault » est disponible sur SkyShowtime.
