Publié le 24 mai 2024 à 14h30. L’Inde et Oman ont conclu un accord commercial permettant à l’Inde d’importer directement des blocs de marbre omanais, une initiative qui vise à réduire la dépendance aux importations turques et à stimuler l’industrie locale de transformation.
- L’Oman, qui avait interdit l’exportation de marbre brut depuis 2016, a levé cette restriction au profit de l’Inde.
- Cet accord devrait favoriser la création d’emplois dans le secteur de la transformation du marbre en Inde.
- La décision intervient dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre l’Inde et la Turquie.
Dans un contexte de tensions géopolitiques et de volonté de diversifier ses sources d’approvisionnement, l’Inde a obtenu un accès privilégié au marbre omanais. Le ministre du Commerce, Piyush Goyal, a annoncé vendredi que Mascate avait accepté d’exporter des blocs de marbre vers l’Inde, une première depuis l’instauration d’un embargo sur les exportations de marbre brut en 2016. L’objectif affiché est de soutenir l’industrie indienne de transformation et de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Turquie, principal fournisseur actuel.
Selon le ministre Goyal, cette initiative permettra à l’Inde de développer sa propre production de carreaux et de revêtements de sol en marbre, créant ainsi des emplois et stimulant la croissance économique.
« Les blocs de marbre étaient interdits d’exportation d’Oman. Nous sommes le premier pays pour lequel ils ont ouvert les blocs de marbre, ce qui aidera la transformation et l’industrie du marbre. Et au lieu d’importer du marbre fini, nous pourrons créer des emplois et permettre à l’Inde de produire des carreaux et des revêtements de sol en marbre finaux. La bonne partie, cela remplacera nos importations en provenance de Turquie. Ils sont également à meilleur prix »
Piyush Goyal, ministre du Commerce
Cette décision intervient alors que les relations entre l’Inde et la Turquie se sont refroidies ces derniers mois, notamment suite à des accusations concernant l’utilisation de drones de fabrication turque par le Pakistan dans des opérations militaires à la frontière indienne. En mai dernier, la Direction générale de l’aviation civile (DGCA) avait révoqué l’habilitation de sécurité de Celebi Airport Services India, une société turque d’assistance en escale, invoquant des préoccupations liées à la sécurité nationale.
Un responsable gouvernemental a précisé que l’Inde avait négocié un quota d’importation de blocs de marbre brut, estimé à environ 1,3 million de tonnes métriques (1 300 000 tonnes) par an, provenant principalement de Turquie, d’Italie et du Vietnam jusqu’à présent. L’industrie indienne du marbre, estimée à 40 000 crore de roupies (environ 43,5 milliards d’euros), est concentrée dans les États du Rajasthan et du Gujarat.
Bien que le marbre omanais puisse ne pas être idéal pour la fabrication de sols en raison de sa structure feuilletée, il pourrait être utilisé à des fins décoratives. Les transformateurs de marbre d’Udaipur avaient déjà sollicité le gouvernement indien pour limiter les importations de marbre turc, en raison du soutien perçu de la Turquie au Pakistan. L’Inde importe une part importante de son marbre, notamment le célèbre marbre blanc de Makrana, de Turquie.
Par ailleurs, des données commerciales récentes montrent que les exportations indiennes vers la Turquie ont atteint 5,72 milliards de dollars au cours de l’exercice précédent, tandis que les importations en provenance de Turquie se sont élevées à 2,99 milliards de dollars. On observe également une diminution du nombre de touristes indiens se rendant en Turquie et en Azerbaïdjan, qui se tournent désormais vers des destinations alternatives comme le Kazakhstan, l’Égypte, la Jordanie, la Géorgie et l’Arménie.