Une attaque armée menée début septembre à Overasselt, aux Pays-Bas, a été préparée via Signal et Snapchat par des dizaines d’hommes. L’opération, ciblant un criminel, a causé la mort d’un agent de sécurité et blessé grièvement deux policiers, selon des reconstitutions judiciaires.
Selon une reconstitution de RTL Nieuws basée sur le dossier judiciaire, le groupe de suspects a eu recours à des centaines de messages échangés sur les applications Signal et Snapchat pour préparer l’opération visant un criminel retranché dans une maison de la localité.
Recrutement en ligne et « 10.000 euros par homme » pour la mission
Le dossier révèle que plusieurs tueurs à gages ont été recrutés directement sur Internet. Le 31 août, un message publié sur Snapchat proclamait : Yo soldat, j’ai besoin de gars. 10.000 euros par homme
. Cette offre a permis d’engager trois hommes supplémentaires pour une mission dont la nature exacte n’était alors pas précisée.

Moins de 24 heures plus tard, cet appel a débouché sur une fusillade impliquant plus de 30 individus lourdement armés. La cible visée était la résidence de Jan G., un criminel condamné pour production de drogue. Au cours de l’intervention, un agent de sécurité a été tué et deux policiers ont été grièvement blessés.
Une logistique internationale coordonnée depuis Bruxelles et Temse
L'enquête, qui comprend un dossier de plus de 1 600 pages, révèle des préparatifs menés depuis Bruxelles. Les participants utilisaient des pseudonymes tels que « Schakelaar », « FrankVisser82 » ou « Mika Godts », ce dernier surnom faisant référence au joueur belge évoluant au Paris Saint-Germain. Entre eux, ils désignaient l’opération par le terme de djoenta
.
Les profils des participants varient : certains suspects sont arrivés de Marseille pour rejoindre Bruxelles, tandis que d’autres ont été recrutés directement en Belgique. Les hommes partis de Bruxelles se sont rassemblés dans un grand hangar situé à un peu plus de 30 minutes de la capitale belge, où leurs téléphones et leurs pièces d’identité ont été confisqués. D’autres « soldats » ont également rejoints le groupe depuis Temse, en Flandre orientale.
Dans un premier temps, les recrues pensaient que l’opération se déroulerait en Belgique. Apprenant qu’ils devaient finalement se rendre aux Pays-Bas, ils ont réclamé une rallonge financière. Dis aux gars qu’ils auront 5 de plus
, stipulaient les messages échangés.
Interpellations et suspects dans l’enquête aux Pays-Bas et en Belgique
Plus de 30 personnes ont été interpellées dans le cadre de cette enquête d’envergure. Parmi les individus arrêtés figure un ressortissant belge qui a depuis été remis en liberté, mais qui demeure considéré comme un suspect par les autorités.