Édition française
En continu
---Advertisement---

Monde

Impasse à la fois au sein de l’OTAN et de l’Union : comment une petite île européenne contrôle la deuxième plus grande armée de l’alliance

Publié le 24 avril 2024 à 10h00. La présidence chypriote du Conseil de l'Union européenne est confrontée à un blocage majeur : la Turquie, dont l'intégration aux programmes de défense européens est contestée par Nicosie et Athènes, risque…

Impasse à la fois au sein de l’OTAN et de l’Union : comment une petite île européenne contrôle la deuxième plus grande armée de l’alliance

Publié le 24 avril 2024 à 10h00. La présidence chypriote du Conseil de l’Union européenne est confrontée à un blocage majeur : la Turquie, dont l’intégration aux programmes de défense européens est contestée par Nicosie et Athènes, risque de paralyser la coopération militaire entre l’UE et l’OTAN.

  • Chypre et la Grèce s’opposent fermement à la participation de la Turquie aux programmes de défense européens en raison de l’occupation continue d’une partie de Chypre par les forces turques.
  • Cette opposition pourrait bloquer l’intégration de l’OTAN et de l’UE, notamment en empêchant l’échange d’informations classifiées entre l’Agence européenne de défense (AED) et l’Alliance atlantique.
  • Malgré les tensions, Chypre propose une approche progressive pour débloquer la situation, conditionnée à l’adhésion de la Turquie au Partenariat pour la paix de l’OTAN.

Les relations tendues entre Chypre et la Turquie s’annoncent comme le principal défi de la présidence chypriote du Conseil de l’Union européenne. Nicosie, qui occupe la présidence tournante, refuse catégoriquement d’autoriser Ankara à participer aux programmes de défense européens tant que la situation sur l’île ne sera pas résolue.

« Chypre est un État membre sous occupation turque. Une occupation du territoire européen. Les fonds de défense de l’UE ne peuvent pas aller en Turquie sans qu’aucun progrès ne soit réalisé »

Marilena Raounová, vice-ministre des Affaires européennes

Cette position ferme risque d’avoir des répercussions sur la coopération militaire entre l’UE et l’OTAN. La Turquie, qui possède la deuxième plus grande armée de l’OTAN après les États-Unis, est un acteur clé dans les efforts de l’Union européenne pour renforcer sa défense et sa sécurité. Ankara bloque actuellement le partage d’informations classifiées avec l’AED, malgré les appels récents à une coopération plus étroite.

L’origine de ce conflit remonte à 1974, lorsque la Turquie a intervenu militairement à Chypre en réponse à un coup d’État soutenu par la Grèce. L’île est depuis divisée entre la République de Chypre, reconnue internationalement, et la République turque de Chypre du Nord, uniquement reconnue par Ankara. La partie nord de l’île est occupée par des troupes turques.

Malgré ce contexte difficile, Chypre tente de trouver une solution. Le président chypriote, Nikos Christodoulides, a exprimé sa volonté d’inviter le président turc Recep Tayyip Erdoğan à une réunion informelle du Conseil à la fin avril. Nicosie propose une approche progressive : l’adhésion de la Turquie au Partenariat pour la paix (PfP) de l’OTAN pourrait ouvrir la voie à une coopération plus étroite entre l’UE et Ankara, en parallèle d’une reprise des négociations sur le statut de Chypre.

« Nous pouvons imaginer une approche étape par étape avec les démarches de la Turquie vers l’adhésion de Chypre au PfP et des démarches positives concomitantes dans les relations UE-Turquie, toujours en conjonction avec la reprise des négociations sur la solution du problème chypriote dans un cadre convenu »

Nikos Christodoulides, président chypriote

Cependant, cette initiative se heurte à l’opposition de la Turquie, qui refuse de reconnaître la République de Chypre et bloque toute avancée vers une solution négociée. Selon un diplomate de l’OTAN, Politique, « tout le monde bénéficierait de la fin de ce conflit ». L’ancien ambassadeur de Turquie auprès de l’UE, Selim Yenel, estime que la présidence chypriote bloquera pendant six mois toute intégration de l’UE à l’OTAN.

La situation actuelle met en évidence les tensions persistantes dans la région et les difficultés à trouver un terrain d’entente entre les différentes parties prenantes. La présidence chypriote devra naviguer avec prudence pour éviter une paralysie de la coopération européenne en matière de défense.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.