Home AffairesIndex – Tech-Science – Google avant une étape effrayante, ils enverraient quelque chose dans l’espace que personne n’a vu auparavant

Index – Tech-Science – Google avant une étape effrayante, ils enverraient quelque chose dans l’espace que personne n’a vu auparavant

by Amélie Bernard

Publié le 1er février 2025 à 14h30. Google rejoint la course à l’informatique spatiale avec son projet Suncatcher, une initiative visant à déployer des réseaux de calcul basés sur l’intelligence artificielle en orbite terrestre, exploitant l’énergie solaire pour une efficacité accrue.

  • Google lance le projet Suncatcher, visant à créer des réseaux informatiques évolutifs dans l’espace.
  • L’entreprise compte utiliser ses puces d’IA, les TPU, alimentées par l’énergie solaire pour une efficacité potentiellement huit fois supérieure à celle des centres de données terrestres.
  • Le projet, bien qu’ambitieux, est confronté à des défis techniques majeurs, notamment en matière de communication et de protection contre les rayonnements cosmiques.

L’idée d’installer des capacités de calcul en orbite n’est pas nouvelle. Des figures comme Jeff Bezos et Elon Musk ont déjà évoqué la possibilité d’envoyer des puces informatiques, principalement des GPU, dans l’espace. Google franchit désormais une étape supplémentaire avec Suncatcher, un projet qui se distingue par son approche innovante.

Selon Google, l’espace pourrait devenir « le meilleur endroit pour étendre la capacité de calcul de l’IA ». Cette vision s’appuie sur le succès des réseaux satellitaires comme Starlink, qui ont démontré la faisabilité d’une connectivité internet fiable depuis l’espace. Si la connectivité est possible, pourquoi ne pas étendre cela aux machines elles-mêmes ?

Le cœur du projet Suncatcher repose sur des satellites à énergie solaire interconnectés par des liaisons optiques laser. Cette architecture permettrait de surmonter l’un des principaux obstacles des centres de données terrestres : leur consommation énergétique massive et leur impact environnemental. En exploitant le rayonnement solaire continu dans l’espace, les satellites pourraient fonctionner jusqu’à huit fois plus efficacement qu’au sol, réduisant considérablement leur empreinte carbone.

Cependant, la route vers la réalisation de ce projet est semée d’embûches. L’un des défis les plus importants est la communication. Sur Terre, les serveurs sont reliés par des câbles optiques ultra-rapides. Dans l’espace, une solution sans fil capable de transmettre des données à une vitesse de plusieurs dizaines de térabits par seconde est indispensable. Google estime que les satellites devront se suivre à une distance d’environ un kilomètre pour maintenir une liaison stable, ce qui représente un défi technique considérable.

Le rayonnement cosmique constitue également une menace pour les composants électroniques. Les appareils spatiaux sont généralement conçus avec une protection renforcée, ce qui les rend plus coûteux et plus lourds. Google adopte une approche audacieuse en prévoyant d’utiliser des puces standard, conçues pour un usage terrestre. Des tests préliminaires ont été effectués en bombardant une nouvelle puce avec un faisceau de protons de 67 mégaélectronvolts. Les résultats ont été encourageants : les puces ont résisté à un niveau de rayonnement supérieur de près de trois fois à celui qu’elles devraient subir pendant leur durée de vie prévue de cinq ans.

Malgré ces avancées, Google ne se précipite pas. Les premiers prototypes de satellites ne devraient être lancés qu’au début de 2027, et une normalisation du système n’est envisagée que vers le milieu des années 2030. L’entreprise espère que d’ici là, le coût des lancements de fusées aura considérablement diminué, rendant les centres de données spatiaux économiquement viables.

Au-delà des considérations techniques et économiques, le projet Suncatcher pourrait contribuer à résoudre des problèmes environnementaux majeurs. Les centres de données terrestres sont gourmands en énergie et génèrent une quantité importante de déchets. En délocalisant ces infrastructures dans l’espace, Google pourrait réduire considérablement leur impact sur la planète.

Reste une question : comment convaincre les astronomes, qui pourraient s’inquiéter de l’augmentation du nombre d’objets artificiels en orbite et de leur impact sur l’observation du ciel nocturne ?

(Photo de couverture par Gary Hershorn/Corbis via Getty Images)