Un ingénieur d’OpenAI a été arrêté par le FBI et inculpé pour avoir dissimulé un dispositif d’enregistrement audio sophistiqué dans une salle de réunion exécutive de l’entreprise à San Francisco, selon des annonces du Department of Justice faites le 13 octobre 2026.
L’affaire met en lumière les tensions de sécurité croissantes autour de la recherche de pointe en intelligence artificielle. Les autorités fédérales ont placé en détention Abdulrahman Alfozan, un ingénieur de 35 ans de nationalité saoudienne, après la découverte d’un mouchard dissimulé dans du papier hygiénique et branché sur un port USB à l’arrière d’un téléviseur. Le matériel avait été installé vers le 28 septembre 2026, puis découvert le 30 septembre par le personnel de sécurité selon les documents judiciaires. D’après le procureur américain, l’affaire est prise extrêmement au sérieux face aux menaces pesant sur la sécurité nationale.
Abdulrahman Alfozan a étudié l’informatique au Massachusetts Institute of Technology ainsi qu’à l’Université de Californie à Berkeley, selon son profil LinkedIn. Avant de rejoindre l’entreprise en juillet 2025, il a notamment travaillé en tant qu’ingénieur systèmes senior chez Meta entre 2017 et 2022, puis comme ingénieur fondateur chez Nash à partir de 2022 jusqu’en août 2025. Il est également répertorié en tant que partenaire au sein de la société de capital-risque Raed Ventures basée à Riyad. Le mis en cause réside légalement aux États-Unis depuis septembre 2020.
We discovered a sophisticated recording device that was hidden inside one of our offices. We used our models to understand the device and where it had come from, identifying that a specific employee had planted it a few days earlier. We referred the matter to the FBI, and we’re…
L’utilisation des modèles d’OpenAI pour démasquer l’employé
Plutôt que de s’appuyer uniquement sur les méthodes de surveillance classiques, l’entreprise a mobilisé ses propres outils technologiques. OpenAI a indiqué avoir employé ses modèles internes pour analyser l’appareil et déterminer son origine, ce qui a permis d’identifier l’employé responsable dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. Les enquêteurs ont également exploité des images de vidéosurveillance montrant le suspect rôdant près de la salle de conférence lors de plusieurs journées malgré l’absence d’autorisation pour accéder à cet espace stratégique.
Après cette découverte, les équipes de sécurité ont installé une caméra de surveillance derrière le téléviseur. Le 5 octobre 2026, les images ont capturé Alfozan entrant dans la pièce pour regarder derrière l’appareil. Le même jour, un sac abandonné a été trouvé dans une autre partie des bureaux ; en l’ouvrant, la sécurité y a découvert son portefeuille, sa carte d’identité ainsi qu’un second dispositif d’enregistrement similaire.

Kash Patel a souligné la nature ciblée de cette intrusion, déclarant que « Abdulrahman Alfozan aurait dissimulé un dispositif d’enregistrement secret dans la salle de réunion exécutive de son employeur afin de capturer clandestinement des communications sensibles concernant la technologie de superintelligence de l’entreprise ».
L’Attorney General Todd Blanche a également insisté sur le fait que le vol de propriété intellectuelle concernant des technologies de superintelligence de pointe représente une menace sérieuse pour la sécurité nationale.
#BREAKING: I've obtained the criminal complaint filed by the U.S. Department of Justice against OpenAI employee Abdulrahman Alfozan, accused of bugging the ChatGPT developer's conference room last month.Read it here: https://t.co/AuEyJgH0zF pic.twitter.com/3iLutuj06q
L’enquête en cours et les recherches menées sur les chatbots
L’enquête menée par le FBI révèle une préparation méthodique. Les données enregistrées étaient entièrement cryptées et inaccessibles au moment de la découverte.
Les procureurs fédéraux affirment en outre que l’ingénieur et son entourage ont multiplié les requêtes auprès d’agents conversationnels et d’outils de productivité. Le compte d’un chatbot associé à son épouse aurait ainsi reçu des instructions précises sur la manière de fabriquer, de configurer et d’isoler un enregistreur audio continu, en posant notamment des questions sur le chiffrement de la carte SD et la connectivité Wi-Fi.

L’enquête en cours et l’absence d’exfiltration de données
Malgré la gravité des accusations, OpenAI a tenu à rassurer ses utilisateurs et partenaires quant à l’intégrité de ses systèmes centraux.
OpenAI a indiqué : « À l’heure actuelle, nous n’avons aucune indication selon laquelle cet individu aurait accédé de manière inappropriée à des poids de modèles, du code source ou des données de clients, ni qu’il les aurait exfiltrés. L’employé a été licencié ».
I’m told this is the first time something like this has happened at OpenAI – https://t.co/sDBJDrcHpZ
L’entreprise a précisé avoir coordonné le moment du licenciement avec le FBI afin de ne pas perturber l’enquête, l’employé ayant été congédié le vendredi de son arrestation. Tse a été fixée au 19 octobre 2026.