Un agriculteur a découvert le squelette fossilisé de Norellraptor barsboldi près de Lamadong, dans la province du Liaoning, une nouvelle espèce de dinosaure à quatre ailes qui démontre que les structures liées au vol ont évolué indépendamment chez les microraptorines et les oiseaux.
La découverte du fossile à Lamadong
Le squelette presque complet d’un petit dinosaure prédateur a été trouvé par un agriculteur local près de la ville de Lamadong, dans la province chinoise du Liaoning, et plus précisément dans la formation de Jiufotang selon les précisions de Xuri Wang et ses collègues publiées dans Nature Communications (2026) relayées par GreekReporter. Le fossile fut ensuite donné au musée de l’université Hebei GEO en 2023. Les scientifiques ont identifié cet animal comme une toute nouvelle espèce.
Des traces de plumes subsistent autour de ses bras, de ses jambes et du bout de sa queue. L’animal provient de la formation de Jiufotang, un ensemble de roches datant du Crétacé inférieur, ce qui situe la créature entre 145 millions et 100 millions d’années en arrière.
L’analyse de la croissance osseuse
Mark Norell, de l’American Museum of Natural History, a passé des décennies à étudier les dinosaures apparentés aux oiseaux, tandis que Rinchen Barsbold, un paléontologue mongol, a décrit de nombreux fossiles du désert de Gobi.
Pour déterminer l’âge du spécimen, l’équipe menée par Xuri Wang — avec la collaboration de chercheurs, comme le mentionnent des crédits d’images rapportés par ZME Science — a examiné la structure microscopique de son radius gauche, l’un des deux os longs de l’avant-bras, afin de déterminer son stade de développement. L’analyse des caractéristiques de surface et de la fusion des os des membres indique que le dinosaure était âgé d’au moins trois ans au moment de sa mort, ayant ainsi dépassé le stade juvénile.

Une anatomie unique
Norellraptor se distingue par une construction légère, des mains et des pieds spécialisés, ainsi que des structures associées au déplacement dans les airs, tout en arborant des plumes de vol probables et asymétriques près de la main, d’après les observations relevées par GreekReporter. Son plus proche parent connu semble être Zhongjianosaurus, un autre petit microraptorine de Chine, selon la même source.
En comparant les microraptorines et les oiseaux à travers un vaste arbre généalogique, les scientifiques ont identifié 194 changements évolutifs le long des branches des microraptorines, dont environ 30 pour cent des traits caractérisant le groupe sont également apparus indépendamment le long de la lignée des oiseaux. Les similitudes incluent des membres antérieurs de plus en plus robustes, des modifications impliquant les côtes et le sternum, un cubitus relativement long comparé à l’humérus, et l’apparition de pennes alulaires — de petites plumes situées sur le pouce que l’on observe également chez les oiseaux modernes, d’après ZME Science.
Cependant, l’ordre d’apparition de ces caractéristiques diffère radicalement entre les deux groupes. Chez les microraptorines, les os des doigts se sont raccourcis en premier, ce qui a pu réduire la fonction de saisie de la main, tandis que des changements ultérieurs ont inclus un sternum plus allongé et des os de la main et du poignet soudés. Chez les premiers oiseaux, cette chronologie s’est déroulée dans l’ordre inverse.
« Les relations évolutives entre l’appareil de vol des oiseaux et les prétendues adaptations aériennes des microraptorinés font l’objet de controverse tant du point de vue fonctionnel que phylogénétique », font remarquer les chercheurs dans leur étude.
Les auteurs de l’étude, via Zmescience
L’évolution indépendante du vol
Cette asymétrie séquentielle renforce l’idée que le vol n’a pas été hérité d’un ancêtre volant unique, mais qu’il a été inventé séparément par plusieurs groupes.

L’étude complète a été publiée dans la revue Nature Communications.