Publié le 2026-01-13 16:06:00. L’ONU exprime une vive inquiétude face à la répression violente des manifestations en Iran, qui se poursuivent dans tout le pays, et appelle les autorités à respecter les droits fondamentaux de leurs citoyens, notamment la liberté d’expression et le droit de réunion.
- Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, dénonce l’usage excessif de la force contre les manifestants pacifiques et l’imposition de coupures d’Internet à l’échelle nationale.
- Des experts indépendants des droits de l’homme mettent en garde contre le risque d’exécutions de manifestants dans le cadre de procédures judiciaires accélérées.
- Les manifestations actuelles, déclenchées par la crise économique, s’inscrivent dans la continuité des mouvements de contestation de 2022, réclamant un changement profond du système politique.
L’ONU tire la sonnette d’alarme face à la situation des droits de l’homme en Iran, où des manifestations éclatent depuis le 28 décembre dans toutes les provinces du pays. Initialement motivées par la colère face à l’inflation galopante, à la flambée des prix alimentaires et à la dévaluation de la monnaie nationale, ces protestations expriment un mécontentement plus profond et un désir de changement politique.
Volker Türk a fermement condamné la violence exercée par les forces de l’ordre contre les manifestants.
« Les meurtres de manifestants pacifiques doivent cesser, et il est inacceptable de qualifier les manifestants de « terroristes » pour justifier la violence à leur encontre. »
Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme
Il a également souligné l’importance de rétablir l’accès à Internet et aux télécommunications, interrompu par les autorités depuis le 8 janvier, ce qui entrave la vérification des informations et la coordination des secours.
Selon des informations recueillies, les hôpitaux sont submergés par l’afflux de blessés, y compris des enfants. Des coupures d’Internet ont rendu difficile la confirmation de ces informations, bien que certains services téléphoniques aient été partiellement rétablis. Des membres des forces de sécurité auraient également été tués lors des affrontements.
L’inquiétude grandit quant à la possibilité de condamnations à mort prononcées contre des manifestants. Des responsables judiciaires ont publiquement évoqué cette option, ce qui a suscité de vives réactions de la communauté internationale.
« Si elles étaient appliquées, cela aggrave les homicides illégaux de manifestants commis par les forces de sécurité dans les rues et les exécutions sanctionnées par l’État. »
Groupe d’experts indépendants des droits de l’homme
Un groupe d’experts indépendants des droits de l’homme a également dénoncé le recours à la force meurtrière, les arrestations arbitraires – notamment d’enfants – et les attaques contre des établissements médicaux, qualifiant ces actes de violations flagrantes du droit international des droits de l’homme. Ils ont rapporté que les forces de sécurité auraient tiré directement sur des manifestants pacifiques à l’aide d’armes à feu, de fusils de chasse, de canons à eau et de gaz lacrymogènes, et que des raids ont été menés dans les hôpitaux, avec des tentatives d’arrestation de blessés. Plus de 2 600 personnes auraient été arrêtées, dont des écoliers.
Ces experts, nommés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, travaillent bénévolement et de manière indépendante. Ils appellent l’Iran à rompre le cycle de la violence et à ouvrir un espace de dialogue pour répondre aux revendications légitimes du peuple iranien.
« Le peuple iranien et ses revendications d’équité, d’égalité et de justice doivent être entendus. »
Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme
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