Home Divertissement‘It’s about quality of life’: Can Birmingham’s Retrofit House help fix the UK’s terrible housing? | Architecture

‘It’s about quality of life’: Can Birmingham’s Retrofit House help fix the UK’s terrible housing? | Architecture

by Antoine Girard

Une maison victorienne discrète de Birmingham est devenue un laboratoire d’idées pour la rénovation énergétique et l’amélioration du cadre de vie, portée par une initiative locale qui mise sur l’apprentissage par les pairs et le savoir-faire artisanal. À Link Road, dans le quartier défavorisé de Ladywood, le projet “Retrofit House” offre une alternative concrète aux politiques publiques souvent jugées inefficaces en matière de transition écologique.

Depuis quatre mois, l’association Civic Square a transformé le numéro 33 en un lieu ouvert au public, proposant des ateliers, des conférences et des démonstrations pratiques. L’objectif : former les habitants aux techniques de rénovation, réduire leurs factures d’énergie et améliorer le confort de leurs logements, tout en favorisant une approche plus durable et respectueuse de l’environnement.

« Beaucoup de gens ici pensent que la neutralité carbone est une perte de temps, ou qu’ils ont déjà vécu des programmes gouvernementaux d’amélioration de l’habitat qui se sont soldés par des échecs et ne veulent pas de nouvelles perturbations », explique Immy Kaur, cofondatrice et directrice de Civic Square. « Lorsque nous avons commencé à discuter de la rénovation énergétique avec la communauté locale, nous avons réalisé que nous devions aborder la question sous un angle différent. »

La maison, entièrement rénovée, présente une multitude d’exemples de solutions écologiques, privilégiant des matériaux naturels comme la chaux, l’argile et la paille. Les visiteurs peuvent découvrir des techniques pour améliorer l’efficacité énergétique, la qualité de l’air, se protéger des inondations et favoriser la biodiversité. Mais au-delà des aspects techniques, l’initiative vise à redonner du pouvoir aux habitants.

Les ateliers abordent des thèmes variés, allant de l’économie du donut – un modèle économique alternatif – à la gouvernance des “freehouses” (lieux autogérés). Les participants apprennent à fabriquer de la peinture à l’argile, à réparer des portes et à maîtriser les bases du bricolage.

Le projet s’inscrit dans un contexte de déception face aux politiques publiques en matière de rénovation énergétique au Royaume-Uni. Des dispositifs tels que le “Home Upgrade Grant” (Hug), le programme “Local Authority Delivery” (Lad) et le “Warm Homes Plan” n’ont pas atteint leurs objectifs, malgré la piètre performance énergétique du parc immobilier britannique, l’un des plus mauvais d’Europe. Des scandales liés à l’installation incorrecte d’isolants dans les murs creux ont également entaché la crédibilité de ces programmes.

« En tant qu’architecte, on est conditionné à être un consultant professionnel », souligne Summer Islam, associée au cabinet de design Material Cultures, partenaire du projet. « Mais ce projet va au-delà de la performance énergétique. Il s’agit de la qualité de vie, de la valeur sociale, de l’impact environnemental et de ce qui compte pour un foyer. En considérant le travail sous l’angle de la valeur sociale, il ne s’agit pas du nombre de personnes qui utilisent le bâtiment, mais de la quantité de connaissances que l’on peut ancrer localement en transformant tout en opportunité d’apprentissage. Combien d’apprentis peut-on former ? Combien d’ateliers peut-on organiser ? Et tout le monde est vraiment impatient de saisir cette opportunité. »

Retrofit House est également un lieu de formation pour les artisans de la région, qui acquièrent de l’expérience dans l’utilisation de matériaux naturels et la mise en œuvre de solutions de rénovation énergétique. L’initiative s’appuie sur un réseau national, “Retrofit Reimagined”, qui regroupe des associations de quartier de Bristol, Cheltenham et Wessex, collaborant avec des organisations comme Material Cultures pour partager leurs compétences et leurs connaissances.

Pour l’instant, le projet est financé par des fondations philanthropiques, comme la Joseph Rowntree Foundation. Immy Kaur conseille aux porteurs de projets de se tourner vers ces organismes, qui sont de plus en plus sensibles aux enjeux sociaux et environnementaux face à la montée des mouvements d’extrême droite.

Civic Square affiche une devise simple : « Nous n’avons peut-être pas des poches profondes, mais nous avons beaucoup de mains ». L’organisation ne se ferme pas à une collaboration future avec les pouvoirs publics, mais souhaite d’abord faire de Retrofit House un modèle concret, capable d’inspirer des politiques plus audacieuses et de faire évoluer les règles de la commande publique. « Les collectivités locales n’ont pas la capacité de gérer ce type de projet – elles ont déjà suffisamment de mal à organiser la collecte des déchets », ironise Immy Kaur.

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