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Jakarta confrontée à un manque d’hébergement pour les morts – Monde

Publié le 12 novembre 2025 à 02h37. Jakarta est confrontée à une crise aiguë de manque de places dans ses cimetières, exacerbée par la forte densité de population et le coût croissant des terrains, obligeant les autorités à…

Jakarta confrontée à un manque d’hébergement pour les morts – Monde

Publié le 12 novembre 2025 à 02h37. Jakarta est confrontée à une crise aiguë de manque de places dans ses cimetières, exacerbée par la forte densité de population et le coût croissant des terrains, obligeant les autorités à envisager des solutions innovantes, mais controversées.

  • Plus de 86 % des cimetières publics de la capitale indonésienne sont saturés ou sur le point de l’être.
  • Les autorités envisagent d’augmenter le nombre de sépultures superposées, une pratique déjà en place mais qui pourrait être étendue.
  • La pénurie affecte particulièrement les populations à faibles revenus, qui dépendent des cimetières publics gratuits.

La capitale indonésienne, Jakarta, se débat avec un problème de plus en plus pressant : le manque de places disponibles dans ses cimetières. Selon l’agence des parcs et des forêts de Jakarta, 69 des 80 cimetières publics de la ville (soit 86,25 %) sont complets, et les 11 cimetières restants fonctionnent à plus de 80 % de leur capacité. Il ne reste plus que 118 000 tombes disponibles, et la situation risque de se dégrader rapidement dans les années à venir.

Cette pénurie est d’autant plus préoccupante que de nombreux habitants, en particulier ceux aux revenus modestes, dépendent des parcelles funéraires gratuites offertes par les cimetières publics pour enterrer leurs proches. Avec une croissance démographique rapide ces dernières années, la demande a dépassé l’offre, obligeant les autorités à explorer des solutions parfois peu conventionnelles.

Depuis 2007, une réglementation autorise l’utilisation d’une même tombe pour plusieurs inhumations, généralement au sein d’une même famille. Il faut cependant que le terrain ait au moins trois ans d’ancienneté avant qu’un nouveau corps ne puisse y être déposé, et la profondeur maximale du cercueil supérieur est limitée à 1 mètre. Plus récemment, la pratique des enterrements empilés, consistant à superposer plusieurs cercueils dans une seule parcelle verticale, a été mise en œuvre pour augmenter la capacité des cimetières existants.

Malgré ces mesures, l’écart entre l’offre et la demande reste important. Le cimetière public de Grogol Kemanggisan, dans l’ouest de Jakarta, en est un exemple frappant. Son cimetière musulman de 2 hectares abrite environ 17 000 corps, certains partageant le même terrain avec jusqu’à quatre autres personnes. Nunung Nurhayati, employée du cimetière, explique :

« Nous recevons toujours des demandes d’inhumation de la part des habitants des environs. Nous n’avons pas d’autre choix que de les refuser. »

Les familles qui se voient refuser l’accès aux cimetières publics sont souvent contraintes de faire face à des coûts supplémentaires, soit en se déplaçant vers des cimetières plus éloignés, soit en optant pour des cimetières privés, où les prix peuvent être prohibitifs.

La pandémie de Covid-19 a aggravé la situation. Jakarta est rapidement devenue l’épicentre de la maladie en Indonésie, avec un bilan de 16 098 décès, selon le ministère de la Santé (données du 21 juin 2023). Ministère de la Santé indonésien

Le gouverneur Pramono Anung a annoncé la semaine dernière un projet de construction de nouveaux cimetières publics, ainsi que la conversion de certains cimetières liés au Covid-19. Il a également évoqué la possibilité d’augmenter le nombre de sépultures superposées. Cependant, Chico Hakim, responsable des communications sociales du gouverneur, a précisé que cette pratique serait limitée à trois corps par parcelle, afin de garantir de meilleures conditions sanitaires et une structure plus propre.

« Le problème est causé par la forte densité de population à Jakarta, puisque la ville compte plus de 10 millions d’habitants, couplée à une disponibilité limitée de terrains. »

Les autorités envisagent également la construction d’un nouveau cimetière public dans les villes voisines de Bekasi (Java occidental) ou de Tangerang (Banten). Parallèlement, des experts soulignent que cette crise est le reflet d’une mauvaise planification urbaine, qui privilégie le développement commercial au détriment du droit des habitants à un lieu de repos digne et accessible. Rakhmat Hidayat, sociologue urbain de l’Université d’État de Jakarta, estime que

« C’est un problème qui tourmente la ville depuis très longtemps. »

Il met en garde contre les conséquences d’une crise prolongée, qui pénaliserait en priorité les populations les plus vulnérables.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.